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Texte Libre

Jeudi 15 juin 2006
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DES GARDIENS NAZIS?

 

 

 

Photo aérienne du camp de concentration de Dachau

 

 

 

 

 

OTTAWA, 8 juin -- Deux Canadiens ont été amenés jeudi devant la Cour fédérale du Canada pour avoir travaillé en tant que gardiens nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. 

     Josef Furman, 85 ans, d'Edmonton (ouest) et Jura Skomatchuk, 83 ans, de l'Ontario (est), étaient présents au tribunal, selon des  médias canadiens. 

     Ils perdront leur citoyenneté canadienne et seront expulsés  s'ils sont reconus coupables. 

     L'historien Johannes Tuchel a déclaré devant le tribunal que le nom de Stomatchuk était apparu à plusieurs reprises sur les listes de transfert, suggérant qu'il avait reçu une formation pour  travailler en tant que gardien armé dans le camp de concentration  nazi de Trawniki avant d'être transféré dans d'autres camps. 

     Le tribunal a également entendu le témoignage d'un ancien  prisonnier du camp de concentration nazi, Jack Terry, qui affirme  avoir reconnu les deux accusés.  

 

 

 

 

 

Source: Agence de Presse Xinhua

Par Lisa Decamps - Publié dans : Actualités
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Mercredi 14 juin 2006
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LES CENDRES D'ORADOUR

Photo : auteur inconnu

Le Premier ministre a assisté à la cérémonie commémorative du massacre d'Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, perpétré par la division SS Das Reich le 10 juin 1944.

D ominique de Villepin a rendu hommage aux 642 victimes d'Oradour-sur-Glane lors des cérémonies du 62ème anniversaire du massacre par les SS de la division Das Reich, le 10 juin 1944.
"Notre nation n'a pas oublié le crime d'Oradour, comme elle n'a pas oublié celui de Tulle. La France se souvient de ses enfants massacrés, ici comme dans d'autres villages, dans la tourmente des années de guerre", a déclaré le Premier ministre, samedi 10 juin.
"Elle se souvient aussi du déshonneur du Vel d'Hiv, de Drancy et des rafles", a-t-il ajouté.
Associant à cet hommage les résistants "qui ont payé de leur vie leur combat pour la liberté", Dominique de Villepin a également évoqué les "enfants de Guernica, de Lidice, de Varsovie et d'ailleurs", en pensant également aux "malades de l'hôpital de Vukovar", aux victimes de Srebrenica et "à toutes ces villes et à tous ces villages dont les populations civiles ont succombé à la folie des nationalismes et des fanatismes".



L'Europe, "née des cendres d'Oradour"



Le Premier ministre a estimé que l'espoir qui habite cette journée de commémoration était aussi "celui qui anima le projet européen, né des cendres d'Oradour, des tranchées de guerre et des camps d'extermination".
En Europe "nous avons mis de côté les haines pour construire un avenir commun", a-t-il dit en appelant les Français et les Européens "à rester conscients du rôle qui est le nôtre et à être les défenseurs acharnés d'une exigence d'humanité".
Dominique de Villepin, qui a rappelé ses origines limousines, avait été accueilli en milieu de matinée à l'hôtel de ville par le maire Raymond Frugier et Claude Milors, président de l'Association nationale des familles de martyrs
(ANFM).

 



Gerbe à l'église



Le Premier ministre s'est notamment rendu dans le village martyr où une gerbe a été déposée à l'ancienne église avant une minute de silence observée sur la place du champ de foire à la demande de deux survivants du massacre, Jean-Marcel Darthout et Robert Hebras.
Le massacre d'Oradour-sur-Glane restera l'un des symboles de la barbarie nazie qui s'est abattue sans raison connue sur ce village paisible de 1.200 habitants proche de Limoges.
Le 10 juin 1944, la compagnie allemande qui pénétra au matin dans Oradour-sur-Glane appartenait à la division SS Das Reich commandée par le général Lammerding, qui s'était déjà livrée en Russie au massacre de populations civiles.

 

  

 

 

 Source: nouvelobs.com

 

 

 

Par Lisa Decamps - Publié dans : Actualités
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Mardi 13 juin 2006
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 LETTRES DE SOUVENIRS

 

 

 

 

brigadier chef

Photo : collection personnelle

  

 

 

 

 

Début janvier le 1er RCA commence à se trouver singulièrement à l'étroit au Camp Garnier avec ses 12 escadrons de combat et son EHR (Escadron Hors Rang,  qui englobe l'Etat-Major du régiment, ses différents services administratifs et logistiques), et encore n'a t'il toujours pas de matériel de combat.. Aussi est-il envisagé dans la perspective prochaine de la perception de ses chars, de lui donner “de l'air et de l'espace” en l'envoyant bivouaquer en dehors de Rabat.

 

 

 

 

Le 1er février, jeune brigadier frais émoulu, je rejoins mon escadron où mon capitaine m'affecte au PHR (peloton hors rang) où, dans les services administratifs, je prends les fonctions de “comptable matières”, c'est à dire que je suis chargé de réceptionner les matériels chars, véhicules à roues, armement qui vont nous être attribués, d'en assurer la gestion, de comptabiliser les munitions ainsi que les carburants nécessaires à l'utilisation de ces matériels. Ceci pour le “temps de paix” car, pour le temps de guerre, lorsque nous serons engagés dans le combat, j'aurais à apporter, dans n'importe quelles circonstances, avec mes camions, les munitions aux chars qui en manqueraient ainsi que les “jerricans” de carburant qui leurs seraient nécessaires, mais de cela j'aurai l'occasion de reparler.

 

 

 

 

Vers le 4 ou 5 février, dans le cadre du régiment, mon escadron quitte Rabat en camions et va bivouaquer dans la forêt de chênes-liège d’Ain Sibarra, à une cinquantaine de kilomètres environ à l'Est de Rabat. Chacun des 5 pelotons de l'escadron, un PHR, un peloton échelon chargé des dépannages du matériel auto-chars et les trois pelotons de combat,  perçoit 2 tentes “marabout”(tente conique pouvant loger, chacune, une bonne douzaine d'hommes) et la vie au grand air commence. Les futurs pilotes de chars (6 à 7 par peloton) partent à Casa pour recevoir une formation rapide, ce qui ne posera pas de problème particulier car, parmi les “pieds-noirs”, (c'est ainsi que l'on appelle affectueusement les français installés en Algérie et au Maroc) mobilisés, beaucoup sont déjà titulaires du permis “poids-lourds”,

Il a été décidé que, pour chacun des escadrons du 1er RCA, tous les véhicules seraient “baptisés” avec des noms de villes, de régions, de personnages célèbres, de batailles, commençant, par escadron, par la même initiale. Pour mon escadron ce sera la lettre N, c'est ainsi que nous aurons des chars baptisés Narvick, Ney ou Normandie par exemple.

 

 

 

 

Aussitôt l'école d'équipage commence, puis l'école de peloton afin de rendre, aussi rapidement que possible l'escadron opérationnel. Voilà pour le coté matériel. A présent, il s'agit aussi de nous vêtir car, chacun en convient, notre “accoutrement” du moment est peu compatible avec 1e service à bord d'un char.  Les Américains nous fournissent donc un paquetage à peu près identique à celui de leurs GI’s mais, comme nous ne sommes pas “français pour rien”... nos chefs (certains du moins et pas tous, heureusement!) voudraient apporter une “touche” particulière à nos uniformes afin qu'on ne nous confonde pas avec les “boys”.  Certains “grands chefs” préconisent que tirailleurs, spahis et chasseurs d'Afrique continuent à être coiffés de la chéchia. Oui, je ne plaisante pas! D’autres estiment que le port de la ceinture rouge devrait être maintenu.  Fort heureusement personne cependant ne demande que le port des “bandes molletières” soit préféré à celui des leggins de toile que comporte le paquetage US  Il paraît que les Américains n'avaient pas du tout apprécié ces prétentions ridicules et avaient menacé de ne rien fournir.  Finalement il est décidé que nous nous distinguerions des “boys” par le port d'une cravate noire au lieu de leur cravate beige, ce qui, d'ailleurs, ne durera pas bien longtemps et nous en viendrons à la cravate beige nous aussi. Toutefois, en tenue de sortie, nous nous distinguerons par le port de “calots d'armes”, identiques quant à la forme aux calots américains mais de couleurs différentes selon les armes (en particulier bleu ciel avec soufflet jaune pour les chasseurs d'Afrique, rouge avec soufflet jaune pour les spahis, bleu très foncé avec soufflet rouge pour les cuirassiers.)

 

 

 

 

Les semaines et les mois passent. Nous suivons avec beaucoup d'intérêt le total retournement de « la fortune des armes. » Les Allemands désormais, reculent partout en Russie mais aussi, et surtout, en Afrique où la 8ème Armée de “Monty” a raccompagné l'Afrika Korps jusqu'en Tunisie, le contraignant à la capitulation. A la mi-mai, il n'y a plus d'Allemands en Afrique.

Fin juin, les équipages de chars ont acquis une maîtrise suffisante de leur matériel pour être considérés désormais comme “opérationnels” aussi, début juillet, le régiment quitte t'il la forêt d'Ain Sibarra pour Rabat et ses environs. Mon escadron va bivouaquer dans la banlieue de Rabat, dans le parc de l'Aguedal. C'est là que nous apprenons le débarquement américain en Sicile, l'invasion de l'Europe  a commencé. Le 14 juillet nous défilons avec nos chars dans l'avenue Dar El Maghzen, principale avenue de Rabat.

 

 

 

 

Fin juillet, alors que je viens d'être promu Brigadier-Chef, le régiment quitte le Maroc pour l'Algérie où nous allons bivouaquer au sud d'Oran, dans la forêt de Boutin  (15 kms au sud-est de Sidi Bel Abbés.) Les chars sont transportés par voie ferrée, les véhicules à roues par la route. C'est là que nous participons à nos premières “grandes manœuvres” avec tirs réels avec toutes les armes.

 

 

 

 

Le 1er septembre, le 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique est scindé en deux, donnant ainsi naissance au 1er RCA et au 1er RCA bis, en attendant de lui donner une autre dénomination. Chacun  de ces nouveaux régiments est constitué d'un escadron hors rang, d'un Etat-Major, d'un escadron de chars légers, portant le numéro I, et de trois escadrons de chars moyens Sherman, portant les numéros 2, 3 et 4.  Mon escadron devient le 4ème escadron du 1er RCA bis, mes amis Lasserre et Lamotte en sont également.

 

 

 

 

Nous apprenons le débarquement américain en Italie et, le 2 novembre, nous quittons les bois de Boutin pour aller nous installer un peu plus au nord, dans la région de Mascara, à Mercier-Lacombe, en cantonnement-bivouac, où nous restons un peu plus d'un mois. Cet automne est très pluvieux, les jours passent lentement. Heureusement que nos camarades “pieds-noirs”, dont beaucoup sont originaires de la région d'Oran, mettent de l'animation dans nos rangs avec leurs orchestres improvisés et leurs chansons. Ah! Messas, Yrles, Pacifico,.Pamies, Navarro, Tognet et les autres, si vous saviez combien votre bonne humeur, votre joie de vivre, nous ont aidés, nous, les “Francaouis” (pour les “pieds-noirs”, les Français de France) à trouver le temps moins long. Rares, parmi vous, étaient ceux qui connaissaient déjà la France, et pourtant vous étiez autant que nous prêts à aller vous battre et peut-être mourir pour elle.

 

 

 

 

Le 11 décembre, le régiment en entier se porte à l'embouchure de la Macta, au fond du golfe d'Arzeuw, en cantonnement à Fornaka. Nous sommes tout près d'Oran et nous nous prenons à espérer que notre embarquement est peut-être tout proche. Eh bien non! Certes, embarquement il y aura, mais à titre instructif seulement. L'escadron suit en effet un entraînement de 3 semaines au Fifth Army Invasion Training Center. Au cours de ce stage les équipages sont entraînés à embarquer  dans les LST (Landing Ship Tanks), à arrimer les chars puis, le LST s'étant éloigné d'environ 200 mètres de la plage, de débarquer les chars, entièrement « waterproofés » disparaissant totalement dans l'eau (seules deux grosses cheminées soudées sur les “plaques moteur”: une pour l'admission de l'air, l'autre pour l'évacuation des gaz d'échappement, émergeant de la surface). Guidés par radio ils roulent sur le fond de la mer jusqu'à la plage où ils émergent!.  Je n'ai participé à ces exercices que comme spectateur et, aux dires de ceux qui les ont pratiqués, il ne faut pas souffrir de claustrophobie et avoir une totale confiance dans son matériel. Ils sont tout de même, nerveusement très éprouvants.

 

 

 

 

C’est au cours de ce stage que nous clôturons l’année 1943 et nous commençons à nous demander quand va venir notre tour d'entrer dans la danse, car déjà un Corps expéditionnaire Français a débarqué en Corse et un autre aux ordres du Général Juin participe, avec l’armée du Général Clark, à la campagne d'Italie dans le secteur montagneux des Apennins, au Belvédère et à Monte Cassino.

 

 

 

 

 

 

Récit : Raymond Lescasteyres

Par Lisa Decamps - Publié dans : Témoignages
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Lundi 12 juin 2006
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LETTRES DE SOUVENIRS

Le Chas d'Af

Photo: collection personnelle

  

Année 1942.

 

 

 

 

Avant le 8 novembre 1942, il ne se passe pas grand chose dans ma vie de soldat, aussi je me contenterai d'un survol rapide de cette période qui me voit, après mes “classes”, intégrer le bureau de mon escadron en tant que secrétaire chargé de la tenue des pièces matricules (livrets militaires des personnels) et d'établir la solde (la rémunération) des hommes de troupe. A présent, il me faut attendre d'avoir au moins un an de services pour pouvoir prétendre être admis à suivre les cours d'un peloton d'élèves brigadiers (élèves‑caporaux)  c'était ainsi à l'époque.

 

 

 

 

   Fin octobre, j'ai 19 ans et 1 an de services, je vais pouvoir suivre les cours du peloton d'élèves gradés qui doit commencer incessamment.

 

 

 

 

 J'en arrive au mois de novembre 1942 qui va marquer un grand tournant, non seulement dans ma vie, mais aussi dans l'histoire de la seconde guerre mondiale.


7 Novembre 1942

Nous sommes, autant qu'il m'en souvienne, un samedi. Lasserre, Lamotte et moi sommes sortis du camp vers 18 heures, titulaires d'une permission de spectacle valable jusqu'à minuit. Tout est très calme lors de notre départ.

Lorsque nous arrivons au Camp  nous le trouvons en ébullition. Nous recevons l'ordre de nous mettre en tenue de combat et de nous tenir prêts à partir en opérations dans un délai de 2 heures. D'abord il s'agit d'aller aux garages, de mettre tous les véhicules en état de fonctionner à l'essence . Puis  c'est la perception de l'armement, des munitions, des vivres, confection des paquetages de campagne.

Quatre heures du matin ce 8 novembre. Mon escadron est prêt depuis longtemps à partir, nous attendons les ordres. Tout est calme, pas un bruit. Soudain, en direction de l'ouest, un vrombissement d'avions se fait entendre et s'amplifie en quelques secondes, on voit leurs feux de positions, ils viennent de l'océan et volent très bas. Pas un coup de feu, pas une bombe, mais une multitude de tracts qui tombent sur le camp et tout à l'entour. J'en ramasse un, il est rédigé en Français et en arabe. Signé du Général Dwight Eisenhower, il nous dit à peu prés ceci “Nous venons en amis pour vous aider à vous débarrasser du joug nazi, ne tirez pas sur nous et il ne vous sera fait aucun mal.” L’opération Torch vient de commencer.

Vers sept heures nous recevons l'ordre de partir, direction le port de Casablanca où se trouvent quelques unités de la marine de guerre, dont le cuirassé Jean Bart (qui a réussi à quitter Brest, où il était en cours de finition, en juin 1940, quelques heures seulement avant l'arrivée des Allemands. Il est à quai il ne peut prendre la mer, ses machines n'étant pas en état, et il ne dispose que d'une tourelle de 3 canons de 380mm avec laquelle, dans la matinée, il tirera sur l'escadre US qui se trouve au large. Il y a aussi les croiseurs Gloire et Primauget ainsi que deux ou trois navires plus petits (torpilleurs ou contre-torpilleur je crois) dont Le Milan.

 

 

 

Sur le port, nous ne faisons rien d'autre que “compter les coups” car, en effet, voilà les avions US qui reviennent, bien reconnaissables à leurs bouts d'ailes carrés . Ils s'en prennent tout d'abord à l'aérodrome du Camp Cazes où se trouvent quelques avions français et des batteries de DCA qui ont ouvert le feu en premier; on entend quelques bombes exploser et, bientôt, nous voyons un gros nuage noir monter dans le ciel.  Depuis le quai, toujours amarré, le Jean Bart tire vers le large avec ses 380mm  Vers 9 heures, la riposte ne se fait pas attendre. D'où je suis, je vois les Grumann Martlet, très haut au-dessus du port, basculer l'un après l'autre et piquer sur les navires français qui ont pu franchir les passes et font feu de toutes leurs pièces de DCA.

 

 

 

 

 C'est dément d'assister ainsi à la guerre en spectateur, comme au cinéma, car nous voyons bien que ces bombes ne nous sont pas destinées!

 

 

 

 

 Dans l'après-midi, un peloton de mon escadron est envoyé en reconnaissance sur la route côtière Casa-Rabat, voir si l'itinéraire est libre car le groupe d'escadrons de Casa a reçu l'ordre de rejoindre au plus tôt le gros du Ier Régiment de Chasseurs d'Afrique à Rabat. Avant d'arriver à Fedala (environ à mi-chemin entre Casa et Rabat), ce peloton doit faire demi-tour après avoir constaté que les Américains débarquent en grand nombre sur les plages avec des chars amphibies et que la route est coupée. Pour rejoindre Rabat, il va donc nous falloir faire un grand détour par l'intérieur des terres, aussi partons-nous, en fin d'après-midi, pour Camp Boulhaut, puis Camp Marchand où nous allons passer la nuit.

 

 Le 9 novembre, il pleut; nous avons quitté la route asphaltée et roulons sur des pistes en direction de Temara où nous retrouverons la route directe Casa - Rabat, à environ 10 km de cette dernière ville.  Pour ce qui me con cerne, avec ma petite Terrot 125 cm3, motocycliste assez inexpérimenté que je  suis, sur cette piste argileuse et très mouillée, j'essaie de rouler et j'éprouve bien des difficultés à le faire.  En effet, tous les 300 ou 400 mètres je suis obligé de mettre pied à terre pour enlever les paquets de glaise qui, coincés entre les garde boue et les roues, m'empêchent d'avancer. Un vrai cal­vaire et je ne tarde pas à me retrouver seul, mais pas le dernier car le camion de dépannage est loin derrière moi, s'occupant à réparer d'autres véhicules en panne. 300 mètres par 300 mètres, je continue à avancer dans une plaine de boue rougeâtre, sans un arbre, sans une maison où une “mechta” (maison arabe), un vrai bled dans tous les sens du terme, alors que la pluie a enfin cessé.

 

 

  

Peu avant midi, alors que, une fois de plus, je suis occupé à me désembourber, voici un visiteur. Un Grumann passe par-là, en rase-mottes. Je ne suis pas très fier mais, comme j'ai mon mousqueton (genre de carabine) en bandoulière, le pilote voit bien que je ne nourri aucune intention hostile à son égard (d'ailleurs, s'il en allait autrement, ce serait, pour le moins, un peu présomptueux de ma part.) Il se contente donc de tourner deux fois autour de moi en faisant, derrière son cockpit, un petit geste de la main que je prends comme un encouragement à continuer mon travail et, prenant de l'altitude, il met le cap à l'Ouest. Enfin, je rejoins la colonne qui, avant d'arriver à Temara,  s'est arrêtée pour permettre un regroupement de ses éléments, puis, au bout d'un moment, nous repartons. La colonne s'engage sur la route Casa-Rabat et entre dans Temara lorsque survient une escadrille de Grumann. Dans quelques instants cela va être le drame. Nous ne serons plus les spectateurs mais les acteurs et aussi les victimes d'un lamentable  film de guerre, d'une épouvantable tragédie.

Voilà donc de quelle façon, alors que j'ai à peine 19 ans,  je viens de recevoir mon baptême du feu. Les Anglo-américains venaient pourtant en ami et ils ont été contraints de nous tirer dessus  comme à Mers El Kebir.  Malheur à ceux qui ont voulu cela.

 

 

 

 

 Le 11 novembre, l'armée française du Maroc cesse toute résistance. Décidément, les 11 novembre semblent voués aux fins de conflits, mais celui-ci ne sera jamais particulièrement fêté. Le 12 novembre, ce qui reste du 5ème escadron du 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique revient au camp de la Jonquière à Casablanca pour se remettre en état et préparer son déménagement définitif pour Rabat que nous rejoindrons dans quelques semaines.

  

 

 

De nous retrouver si peu nombreux dans ces bâtiments, que nous avons quitté depuis seulement cinq jours, mais quels jours, nous serre le cœur. Ce soir, un nouveau trompette sonne l'extinction des feux. De nos fenêtres nous regardons avec tristesse cette cour d'honneur aux quatre coins de laquelle, le soir, notre camarade Philippoteaux, trompette de talent, venait sonner cette même extinction des feux.  Notre camarade, notre ami Poteau, comme nous l'appelions, et beaucoup d'autres, ne sont plus. Ce premier soir nous les pleurons.

 

 

 

 

 Pendant 48 heures nous sommes consignés au camp. Le sang de nos morts est encore trop frais pour que nous puissions aller à la rencontre des GI's qui sont à présent en grand nombre à Casa. Certes, ils n'ont pas tiré les premiers et beaucoup comme moi ne les tiennent pas pour responsables de la tragédie qui nous a endeuillé. 

L'année 1942 se termine donc. Maintenant plus question d'avoir des nouvelles de nos familles. On se bat en Tunisie où les chars Sherman américains du Général Patton, si mes souvenirs sont exacts, au col de Kasserine, se sont “frottés” aux chars Panther et Tiger allemands et y ont laissé quelques plumes.

 

 

 

 

 Par contre, heureuses, très heureuses nouvelles, à El Alamein,  Monty vient de contraindre Rommel à la retraite et, à Stalingrad, les “Popov” achèvent l'encerclement de la VIème Armée de Von Paulus. Dans le Pacifique, les Marines qui ont débarqué à Guadalcanal en août, après avoir résisté aux attaques japonaises, prennent peu à peu le dessus et sont en passe de contraindre les troupes du Mikado soit à rembarquer, soit à mourir sur place.

 

 

 

 

 Pour ce qui nous concerne, désormais c'est la main dans la main que, avec les Américains et les Anglais nous allons entrer dans la danse et tenter d'effacer la honte de 1940. Mais, auparavant, nous devrons être équipés “de pied en cap” car il est évidemment exclu que nous participions à cette guerre avec les rares matériels, largement périmés, que les Allemands, dans les clauses d'Armistice ont bien voulu nous laisser. Aussi, dès la fin décembre, certains camarades, mécaniciens de profession, repartent à Casa pour participer, dans les chaînes de montage US, à la mise en condition des chars Sherman et autres véhicules dont nous allons être équipés à partir de février 1943.

 

 

 

Je termine cette année 1942 par une anecdote touchant néanmoins à un fait dramatique survenu à ce moment là. Le 24 décembre certains parmi nous, se préparent vers 10 heures du soir, à aller assister à la messe de minuit qui sera dite à la chapelle du Camp Garnier. Mon camarade Huisse, mon voisin de lit, est déjà couché et, apparemment, il dort. Bricoleur en diable, avec une boîte de cigares vide, un morceau de galène (sorte de minerai de plomb) qu'il s'est procuré je ne sais où, du fil électrique et quelques pointes et épingles, un écouteur qu'il se place dans l'oreille, il a donc fabriqué un petit poste radio. A la façon dont il est tourné et les couvertures ramenées jusqu'au ras des yeux, je ne vois pas qu'il a son écouteur dans une oreille. Tout est calme dans la chambre quand tout à coup Huisse se lève brusquement et hurle : On a tué Darlan. L'air hagard il ajoute non, je ne l'ai pas rêvé, je viens de l'entendre sur mon poste! C'est ainsi que j'apprendrai la mort de ce personnage très controversé. L'Amiral Darlan, envoyé par le Maréchal Pétain, s'était trouvé inopinément en mission en Algérie le 8 novembre (il ne semble pas qu'il ait fait partie des autorités qui étaient au courant du débarquement prévu.) Il ne pouvait faire autrement que s'incliner devant le fait accompli et s'était considéré comme le seul “représentant légal” de la France. Ce qui, sans doute, n'était pas du goût de tout le monde, la preuve!

Récit : Raymond Lescasteyres.

 

 

 

 

 

Par Lisa Decamps - Publié dans : Témoignages
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Vendredi 9 juin 2006
5

LETTRES DE SOUVENIRS

 

Photo : Collection personnelle

Année 1941

 

 

Fin janvier, sachant que je dispose d'un Ausweiss me permettant d'aller en Zone Libre, Dulau, le nouveau au greffe, me demande si., à l'occasion, je ne pourrais pas poster en Zone Libre une lettre destinée à sa fiancée et qui aurait donc quelques chances de parvenir en Espagne, les relations entre Zone Libre et l’Espagne n'étant  pas interrompues. Au début, je suis hésitant, mesurant bien le danger auquel je m'expose si les Allemands découvrent la lettre, bien que, comme je l'ai déjà dit, je sois à présent, bien connu au poste de garde et que 9 fois sur 10, lorsque je me présente pour passer, je ne sois même pas fouillé.

A la fin nous nous mettons tous deux d'accord sur une solution intermédiaire, jugée plus facile à réaliser : Dulau me donne oralement l'adresse en Espagne de sa fiancée et me remet, à elle destiné,  un petit bout de papier avec quelques mots. Je passe la ligne avec ce bout de papier très anodin dans mes poches et je me charge en Zone Libre, de faire une lettre à la dulcinée dans laquelle je lui explique ce qui se passe en lui joignant le mot écrit par Dulau. Je lui donne mon adresse en Zone Libre (en Poste Restante à Villeneuve de Marsan) pour qu'elle puisse répondre,  et j'adresse le tout à la “senorita” dont j'ai à présent oublié le nom mais retenu l'adresse : Funicular de Archanda à San Sebastian,  Guipuzcoa, , Espana   Tout se passe à la perfection. Cela n'a même paru très  facile.  C’est ainsi que je viens de devenir “passeur de courrier”.

 

 

 

 

Pour la petite histoire, bien après la guerre j'apprendrai que Dulau a finalement pu épouser sa “senorita” mais je n'ai jamais eu l'occasion  de rencontrer l'un ou l'autre, ainsi va la vie. Ce premier succès m'a donc enhardi et, par le bouche à oreille, je commence à recevoir du courrier sous double enveloppe, la première à mon nom, la seconde au nom d'un destinataire en Zone Libre dont je n'ai bien souvent jamais entendu parler.

Quand je reviens de Zone Libre, après être passé à la poste restante où je reçois mon courrier (toujours sous double enveloppe), mêmes cachettes, quelques Vizirs laissées au passage et le tour est joué. Cela durera quelques mois mais en septembre, je devrais y mettre un terme.En mars 41, 1es unités SS sont relevées et, remplacées par des unités de la Werhmacht, les soldats semblent plus âgés, ce n'est pas le fer de lance de l'armée Allemande.  Aussi, au début, je m'abstiens de passer avec des lettres afin de “prendre le vent,” de voir comment cela se passe avec les douaniers.

  

 

Avec les premiers jours au printemps je reçois enfin une courte lettre de Jackie. C'est, une carte Inter zones, avec un timbre allemand à l'effigie de Hitler, vu de profil. Grâce au code dont nous avions convenu avant leur départ, je comprends qu'ils n'apprécient pas du tout leur nouvelle vie. Le code consistait, simplement dans l'emploi de l'adverbe  très. Exemple : « Nous sommes bien logés » signifie  que, dans l'ensemble, le logement convient. « Nous sommes très bien logés » qu'il y a de sérieuses lacunes. « Nous sommes très, très bien logés » signifie que le logement, est infect. A  en juger par le nombre de très, très utilisés, j'en déduis que mes pauvres amis éprouvent de sérieuses difficultés à s'adapter à leur nouvelle vie.

  

 

A cette même époque, ma cousine Simone Manciet arrive un jour à la maison et  demande à ma mère si elle ne pourrait pas la faire passer en Zone Libre pour  qu'elle puisse aller voir son mari à Pellegrue. Et nous voici en plein printemps. Avril a vu la Wermacht déferler sur les Balkans, occuper la Yougoslavie, la Grèce, prendre pied en Méditerranée en s'emparant de l'île de Crète. Les Italiens, en très mauvaise posture en Libye, reçoivent le renfort de l'Afrika Korps de Rommel qui va rétablir une situation bien compromise. Autre événement surprenant, le dauphin du moment d'Hitler, Rudolf Hess, s'envole d'Allemagne et se rend en Angleterre.  Les Allemands diront qu'il est devenu subitement fou.  Enfin, mai voit la fin du cuirassé allemand Bismark qui, malheureusement, a fait exploser le cuirassé Hood de la Royal Navy quelques jours auparavant.

  

 

Bientôt, l'été, depuis longtemps nous ne mangeons plus à notre faim. Le pain est devenu infect, le maïs a petit à petit, remplacé le blé ou le seigle, les pommes de terre sont devenues extrêmement rares. J'ai repris, mais avec plus d'espacement, mon trafic postal, ayant remarqué que les fouilles douanières portaient neuf fois sur dix sur les véhicules franchissant la  ligne de démarcation. Des affiches, placardées par l'autorité allemande, incitent les ouvriers français à partir, volontairement, travailler en Allemagne. La propagande insiste sur le fait que, pour un ouvrier volontaire, un prisonnier de guerre sera libéré.

  

 

Le 22 juin, coup de tonnerre, et d'importance.  Déclenchant le plan Barbarossa,  Hitler attaque l'Union soviétique et, d'emblée, l'avance de la Wehrmacht est fulgurante. C'est la répétition de la Blitzkrieg ( milliers de prisonniers, armée soviétique en déroute) Hitler va t'il réussir là où Napoléon et sa Grande Armée ont échoué ?

  

 

L'été passe comme cela. Les queues devant les magasins s'allongent de plus en en plus et les vitrines n'ont plus grand chose à exposer. La laine et le coton ont disparu, remplacées par la fibranne, de la fibre de bois. Plus de cuir pour ressemeler les chaussures, aussi les semelles sont-elles de bois à présent. Le “marché noir” est  devenu une institution mais seuls les nantis, les trafiquants, les “collabos” au service des Allemands peuvent, en profiter. Le petit peuple commence à souffrir, surtout dans les villes.

  

 

Au greffe du Tribunal j'ai été amené à rencontrer un Lorrain, nommé Thomassin, qui est interprète auprès de  la Kommandantur, il travaille, certes, avec les Allemands mais son cœur est profondément français. La preuve, c'est que quelques jours après l'aventure que je viens de relater, il vient me trouver  et me dit que la Kommandantur a un oeil sur moi, suite à certaines dénonciations, anonymes bien sûr, concernant mes activités de passeur. Il me faut prendre une décision, elle sera vite prise : plutôt que d'attendre sagement que les Allemands viennent me cueillir, je prépare un petit baluchon de quelques vêtements mis dans une housse de polochon et, muni d'un viatique de 250 francs (environ 2.500 francs actuels), après avoir dit au revoir à ma mère, je passe en Zone Libre le 28 octobre 1941, décidé à m'engager dans l'armée française, dans un régiment le plus loin possible de la métropole.

 

 

 

Le soldat 

 

Arrivé à Agen, au 5ème Régiment d’Infanterie, je passe une visite médicale à l'hôpital Saint Jacques où on me déclare apte au service militaire,  mais comme j'ai les pieds plats, inapte à servir dans l'infanterie. J'ai, par contre, le choix entre la cavalerie et l'artillerie, aussi je choisis la cavalerie et souscris un engagement pour 3 ans au titre du 3ème Régiment de Spahis marocains stationné au Maroc, à Meknès.

 

 

Le hic, c'est que les commissions d'Armistice germano-italiennes qui contrôlent tous les ports de la Zone Libre, ne laissent partir qu'au compte goutte les engagés à destination de L'Afrique du Nord aussi, en attendant, je suis mis en subsistance au 3ème Régiment de Hussards (Estherazy Houzard) à Montauban, au Quartier Doumer, où J'arrive en même temps qu'un basque de la région de Biarritz, François Lasserre. Nous deviendrons très vite des amis, vivrons les mêmes aventures dans les mêmes régiments, mêmes escadrons jusqu'à ce que, en novembre 1944, il tombe au champ d'honneur, mais j'aurai l’occasion d'y revenir.

 

 

 

 

Pour le moment, nous sommes donc plusieurs subsistants en attente de départ pour l'Afrique au 3ème Hussard. Heureusement cette situation ne dure guère. En effet, à Montauban, dans le Quartier Andreossi, voisin du notre, se trouve le ler Régiment de Spahis Marocains qui vient de rentrer de Syrie, il n'est plus au complet, une partie de  ses unités ayant rallié les FFL du Général de GAULLE. Vers la mi novembre, il est autorisé par la commission d'armistice à regagner l'Afrique du Nord dont sont originaires la plupart de ses spahis. L'occasion se présente donc de nous envoyer en Afrique en nous faisant passer pour des anciens combattants de Syrie aux yeux de la commission d'Armistice. C'est donc avec les écussons du ler RSM que nous embarquons le 20 novembre à Marseille sur L'Athos II après avoir été passés en revue dans la gare maritime par la commission d'Armistice qui a bien voulu nous féliciter pour notre résistance à l'agression anglaise en Syrie. Je crois que si notre sort n'avait pas été en jeu, nous aurions éclaté de rire. Nous, jeunes blancs becs de 18 ans à peine, anciens combattants de Syrie.

  

 

Escortés par le contre torpilleur Tartu, nous débarquons sans encombre le lendemain à Alger où nous sommes hébergés à la caserne du 13ème de Tirailleurs Sénégalais, juste sur le front de mer, en attendant de prendre le train en direction du Maroc. Et me voici à Meknès où je quitte mes écussons du 1er RSM et ma qualité d'ancien combattant de Syrie pour ceux du 3eme RSM toujours avec mon ami Lasserre. Aussitôt, pas  le temps de respirer, nous sommes pris dans le moule. Nous commençons à faire ce que l’on appelle “nos classes”, et cela ne rigole pas. Marches, (à pied et à cheval) école du soldat,  tirs, revues, service en campagne, équitation, entretien des chevaux et du matériel, gardes, bref, nous n’avons pas le temps de souffler.

Nous sommes au tout début décembre  et au 3eme  RSM depuis seulement dix jours, quand nous sommes prévenus qu’on cherche des volontaires pour servir dans la cavalerie motorisée au 1er RCA (Régiment des Chasseurs d'Afrique) à Rabat. L'occasion est trop belle d'en finir avec les chevaux et, avec Lasserre, nous nous portons volontaires. Les choses ne traînent pas et le lendemain, par le train, direction  Rabat.

 

 

 Ici, plus de  chevaux et c'est déjà un avantage. Sous les ordres du brigadier (caporal) Mercier, nous reprenons nos classes à zéro et  apprenons à conduire les motos. Pour les voitures et camions on verra plus tard car tous les véhicules sont réglés pour utiliser l'alcool comme carburant, l'essence étant conservée précieusement pour être utilisée en cas d'événement grave.

 

 

 Quelques jours après notre arrivée, nous apprenons l'attaque japonaise sur Pearl Harbour  et l'entrée en guerre des Etats Unis. De plus, comme les Allemands sont stoppés devant Moscou, je suis de ceux qui pensent que rien n'est encore définitivement joué quant à l'issue de la guerre.

 

 

La vie, au Maroc, est totalement différente de celle que je menais avant de m'engager. Par contre, pour aller en ville et en revenir, c'est à pied qu'il nous faut faire le trajet (8 km aller-retour.) Il nous est néanmoins recommandé de ne pas nous aventurer dans la ville arabe (la Médina) réputée peu sure de nuit. 1941 se termine, et devinez ou je passe la nuit du Nouvel An 1942 ? De garde aux garages!

 

 

 

 

 

 

Récit : Raymond Lescasteyres.

Par Lisa Decamps - Publié dans : Témoignages
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