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Mémoires de la Résistance

 

POUR NE JAMAIS OUBLIER !

Un blog par LISA


 

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  Portrait de Jean Moulin sur les murs de la Prison de Montluc par la Cité de la Création.

 

 

 

VISAGES DE RESISTANTS CONNUS ET ANONYMES ...

Des poèmes ...

Des lettres ...

Des témoignages ...

Des biographies ...

Des souvenirs ...

Mais également des actualités.


Car nous ne devons pas oublier !

 

 

 

 

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CLAP DE FIN

 

 

Photo: Bernard de Preville

Dans toutes les communes, petites et grandes, on a commémoré avec émotion la fin de la guerre. Reste que ce jour férié, pour une grande partie de la population ne représente pas grand chose. L'éducation civique a disparu pendant trop longtemps des programmes scolaires et si vous vous amusez à demander autour de vous que nous vaut l'aubaine de ce jour de congé supplémentaire, nombreux sont ceux qui ne sauront que répondre.

Bertrand Blier avait réalisé en 1963 un retentissant Hitler… connais pas ! On y montrait une jeunesse ignorante d'un passé dont leurs parents leur avaient peu parlé…

A Cannes, Mandelieu, Le Cannet, Mougins, comme dans les plus petites communes, des hommes et des femmes ont déposé leurs gerbes et se sont recueillis. Ceux en âge d'avoir vécu les années d'occupation et ceux, un peu plus jeunes qui se rappellent avoir été chez l'épicier du coin acheter, cher, quelques œufs et un morceau de pain, sans oublier d'amener avec eux les indispensables tickets de rationnement.

Ceux des villes subirent avec plus de rigueur que ceux des champs cette période noire. Certains en gardent de la rancœur car, s'il y eut des gestes de générosité en ces temps difficiles, d'autres n'hésitèrent pas à profiter de la situation et pratiquèrent le marché au noir de façon éhonté.

Cette photo du port de Cannes à la Libération est éloquente et se passe de commentaires.

 

Article source: www.pariscotedazur.fr

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LA LIGNE MAGINOT

 

Ouvrage du Hackenberg

Photo: Fistos

 

 

  

 

 

La Première Guerre mondiale, qui s'achève, pour la France, le 11 novembre 1918, laisse derrière elle un pays détruit, exsangue, essoufflé qui vient de vivre la guerre la plus dévastatrice de son histoire et qui souhaite plus que tout éviter un nouveau conflit. La conception de la Ligne Maginot au cours des années 20, puis sa réalisation au cours des années 1930 découlent directement de ce conflit. En effet, la guerre a aggravé la situation démographique de la France, qui se trouve ainsi lourdement défavorisée face à l'Allemagne : en cas de nouvelle guerre, il est nécessaire d'économiser au maximum le précieux « sang français » exalté par les nationalistes dans l'entre-deux-guerres. La France a subi d'immenses destructions qui ont affecté de grandes villes, des terroirs agricoles fertiles, des axes de communication majeurs et des bassins industriels de première importance; pour éviter cela, il est nécessaire, en cas de guerre, de repousser immédiatement toute incursion ennemie et de garantir l’intégrité du territoire national.

De plus, les forts Séré de Rivières, construits dans les années 1880 pour protéger les nouvelles frontières de l’Est après la perte de l’Alsace-Lorraine à l'issue de la guerre de 1870, sont désormais trop éloignés de la frontière après le retour des territoires perdus à la France, et leur armement est obsolète.

Ces nouvelles fortifications ont ainsi de nombreuses fonctions en cas de guerre :

  • économiser les troupes et compenser les classes creuses causées par la Première Guerre mondiale ;
  • empêcher une attaque surprise venant de l'Allemagne et permettre la mobilisation à l'abri de l'armée française ;
  • protéger les bassins industriels et les mines d'Alsace et de Lorraine ;
  • servir de base à une éventuelle contre-attaque ;
  • dissuader d'une attaque ennemie surprise pour pousser les Allemands à passer par la Belgique, par la Suisse ou encore par la trouée de la Sarre : en effet, contrairement à une idée trop largement répandue, personne n'a été surpris par le fait que les Allemands cherchent à contourner la ligne Maginot en passant par la Belgique, car tous les généraux français avaient vécu la Première Guerre mondiale et savaient que les Allemands étaient déjà passés par la Belgique en 1914 à cause des fortifications françaises.

Et ainsi obliger le Royaume-Uni garante de la Belgique, à se battre contre l'Allemagne aux cotés de la France.

Les travaux commencent en 1928, non pas face à l'Allemagne mais face à l'Italie, car le fascisme italien est à l'époque plus menaçant que la République de Weimar allemande. De nombreux chantiers sont ouverts au cours de l'année 1929 dans les Alpes mais aussi dans le Nord-Est. Les crédits alloués à la construction des fortifications sont votés par le Sénat le 14 janvier 1930 (avec 90 % des voix). À la tribune se tient André Maginot, ministre de la Guerre, ancien combattant grièvement blessé en 1914, l'un des plus fervents défenseurs de la fortification des frontières. C'est ainsi que, dans la mémoire collective, la ligne fortifiée reste associée au nom de cet homme.

 

Les premiers crédits s'élèvent à 2,9 milliards de francs de l'époque (soit 1,7 milliard d'euros). Au total, la ligne Maginot coûtera plus de 5 milliards de francs, ce qui ne représente pas une dépense particulièrement importante dans un budget de l'État, surtout que, du fait de la crise économique et de l'inflation constante, les dépenses seront compressées au maximum, ce qui se ressentira sur la qualité des réalisations.

 

La construction s’active jusqu'en 1933, date à laquelle le gros-œuvre des principaux ouvrages est terminé. En 1934, une nouvelle série de chantiers s'ouvre dans le Nord-Est dans la Sarre française et autour de Montmédy face à la Belgique. En 1935, (après l'arrivée au pouvoir d'Hitler et les revendications de Mussolini), des crédits supplémentaires sont alloués pour tenter de couvrir toute la frontière, mais ces constructions dites « des nouveaux fronts » n’auront ni la valeur, ni l'efficacité des premiers ouvrages. La CORF est dissoute et ses compétences sont transmises aux commandants d'armée locaux. En 1936, on peut considérer que la Ligne Maginot est terminée. Dans les années qui suivent, les Services Techniques du Génie (STG) et la Main d’Œuvre Militaire (MOM) construisent des milliers de blockhaus tout le long de la frontière, au-delà même des « anciens fronts » bâtis par la CORF ; cette campagne de construction se poursuivra jusqu'en 1940 et témoigne d'un changement de doctrine dans l'utilisation de la Ligne Maginot, puisque, conçue à l'origine comme uniquement un moyen d'arrêter une offensive brutale de faible envergure, elle est à présent considérée comme une muraille de béton infranchissable capable de retenir des armées entières, ce qui n’était pas son but originel.

 

La ligne n'évita pas l'effondrement de la France au début de la Seconde Guerre mondiale en 1940, dans la mesure où les divisions allemandes la contourneront en attaquant dans la région de Sedan, au-delà de son extrémité ouest (cf. percée de Sedan). Les armées alliées furent ainsi coupées en deux. Une partie de l'armée française, les troupes britanniques et belges ont été encerclées et repoussées vers les plages de Dunkerque où les Britanniques parviendront à envoyer des centaines de bateaux pour réembarquer les soldats pris au piège, dans le cadre de l'Opération Dynamo. Les armées de l'Est, troupes d'intervalles et régiments massés derrière la ligne, ont été prises en tenaille entre la frontière allemande et les divisions mécanisées allemandes qui avaient atteint la frontière suisse.

 

La ligne Maginot ne se poursuit pas jusqu'à la mer du Nord, mais s'arrête à Montmédy, face à la frontière belge. En effet, sa construction a eu lieu dans le cadre d'une coopération militaire franco-belge qui assurait la complémentarité des systèmes défensifs des deux pays face à l'Allemagne. Malheureusement, les Belges mirent fin à cette coopération en se déclarant neutres en 1936. Cette rupture contraignit les Français à adopter une stratégie hasardeuse qui consistait à traverser la Belgique dès l'invasion allemande, ce qui se soldera par un cuisant échec en mai 1940.

 

Aux lendemains de la Grande Guerre, à cause de l'hécatombe des premiers mois de l'offensive allemande en 1914, de la guerre de position dans les tranchées, des destructions infligées aux villes et aux bassins industriels et des sentiments pacifistes dans la population française, l’état-major français décida pour la « prochaine guerre » contre l'Allemagne qu’il fallait passer d’une stratégie offensive à une stratégie défensive. La ligne Maginot s'arrêtait donc à la lisière du massif des Ardennes que certains experts comme le maréchal Pétain, héros de Verdun, jugeait « impénétrable » (1934) aux troupes mécanisées, au même titre que la Meuse et le canal Albert en Belgique. C'est ainsi que se développa un sentiment de sécurité avec la ligne Maginot, pratiquement chaque Français était persuadé d'être à l'abri de toute agression allemande. En réalité, la ligne Maginot n'avait pas été conçue pour servir de rempart inexpugnable et invincible, mais uniquement pour retenir une offensive allemande brutale le temps de procéder à la mobilisation générale dans de bonnes conditions. Malheureusement, en 1940, le Haut-Commandement l'utilisa en dépit du bon sens, et ceci a sa part de responsabilité dans le désastre de la campagne de France.

 

Ainsi, rassuré par cet immense dispositif et englué dans une doctrine inadaptée à la guerre moderne déclenchée par Hitler, le Haut-Commandement négligea de constituer une force d’attaque mobile en regroupant les blindés en groupes puissants, à l’instar des divisions de Panzer de la Wehrmacht. Cet état de fait est aggravé par la crise politique que traverse la IIIe République sclérosée, affaiblie et inerte face aux coups de force hitlériens. Lorsqu’elle est poussée à déclarer la guerre à l'Allemagne, elle continue à se voiler la face et à refuser la réalité, réalité qui se rappellera brusquement à elle le 10 mai 1940, lorsque l’offensive allemande se déclenche. Dans le chaos qui règne ensuite dans l’armée française, la ligne Maginot occupe une place à part, puisqu’elle résistera, souvent victorieusement, alors que derrière elle, le pays tout entier s'effondre : le 14 juin 1940, jour de la prise de Paris par la Wehrmacht, les défenseurs des fortifications de la Sarre infligent une sévère défaite aux Allemands, malgré des conditions très difficiles. Lors de la signature de l'armistice franco-allemand du 22 juin 1940, la quasi-totalité de la ligne, soit 400 000 soldats, résiste encore, et ce n'est qu'une semaine plus tard, le 1er juillet, que les équipages de la ligne, invaincus, doivent partir en captivité en Allemagne.

 

Les Italiens, à 10 contre 1, ne seront pas plus heureux et se verront soit repoussés, soit bloqués par les forts des Alpes. Le capitaine commandant l'ouvrage avancé de Menton-Garavan, prenant le soin de fermer à clef, avant de partir avec armes et bagages, son bastion invaincu lors de l'armistice franco-italien.

 

 

 

 

 

 

Source: Wikipédia Encyclopédie

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OPERATION COBRA

 

Le blason de la Normandie

Les lions léopardés, symboles de la Normandie

Près d’un mois après le débarquement du 6 Juin, les Américains piétinent dans l’enfer du bocage normand : 1 million d'hommes forment la tête de pont et commencent à se sentir à l'étroit.

Il est impossible aux alliés de lancer les chars à travers des champs barrés par les haies et les chemins creux abritent des canons d'artillerie allemands, les pertes sont très lourdes : la progression américaine, entre la Haye-du-Puits et Lessay, leur coûte 1 000 morts au km, la prise du Mont-Castre : 5 000 hommes.

Les soldats sont épuisés, trempés jusqu'aux os par les pluies continuelles qui retardent toute offensive.

George Patton est arrivé avec son armée dans le Cotentin ; il connaît bien la zone d'Avranches puisque son voyage de noces l'a conduit au Mont-Saint-Michel.
Pour s'affranchir des obstacles formés par les haies, les chars sont équipés du dispositif « Hedgecutter » mis au point par le sergent Cullins : les blindés défoncent et traversent les haies avec une facilité dérisoire.

Afin de déstabiliser définitivement la ligne de défense allemande, une attaque d'envergure est décidée : elle s'appelle l'opération Cobra et doit permettre la percée décisive dans les lignes allemandes.

La percée

 

 

Le général Omar Bradley, commandant de la 1e armée, la conçoit ainsi : un bombardement aérien de saturation sur un périmètre restreint doit annihiler toute défense et créer la brèche dans laquelle ses unités s'engouffreraient. Son choix s'est porté sur la zone entre les villages de la Chapelle-Enjuger et Hébécrevon, quelques kilomètres au nord de la grande route joignant Saint-Lô à Coutances.

Une première tentative, le 24 juillet, tourne au désastre car les bombardiers bombardent une partie des premières lignes américaines, tuant ou blessant 150 hommes. Le lendemain, le 25 juillet, l'opération est cependant renouvelée en coordination avec les Anglais qui multiplient les attaques près de Caen pour fixer les Allemands : Rommel tombe dans le piège en massant ses Panzers dans le Calvados. Trois heures durant, 1 500 B-17 et B-24 labourent leurs cibles, appuyés de bombardiers moyens et de chasseurs-bombardiers attaquant au napalm : le plus grand bombardement en tapis de la Seconde Guerre mondiale est en cours.

La Panzer Lehr du lieutenant-général Fritz Bayerlein, déplacée depuis peu dans ce secteur, est littéralement pulvérisée. Des chars Panther de 45 tonnes sont soulevés par le souffle des déflagrations et démantibulés comme des jouets d'enfant. Des fantassins sont enterrés vivants dans leurs abris et les rares survivants, hébétés, se rendent sans combattre ou s'enfuient.

Une brèche s'étant ouverte, les colonnes blindées américaines foncent vers le sud. Le 26 juillet, le VIIe corps de Collins progresse d'une dizaine de kilomètres, enlevant Saint-Gilles puis Canisy après avoir franchi la route de Coutances à Saint-Lô. Le front allemand commence à craquer de toutes parts et s'effondre dès le lendemain : les divisions blindées américaines déferlent irrémédiablement vers le sud et l'ouest. Marigny, Lessay et Périers sont enlevées dans la journée. Coutances est libérée le 28 par la 4e division blindée US du général Wood.

Des unités allemandes entières sont encerclées, comme dans la poche de Roncey. Des milliers d'hommes sont capturés, désarmés et le plus souvent laissés sur place, faute de temps pour les conduire vers un camp. Von Choltitz, commandant du 84e corps, tente vainement de reconstituer de nouvelles lignes de défense, devenues caduques avant même d'avoir pu être édifiées. Rien désormais ne peut plus stopper les Américains.

Le 30 juillet, la 6e division blindée US du général Grow traverse Bréhal et dépasse Granville sans s'arrêter. Le soir même, Wood, fonçant toujours en pointe, s'empare d'Avranches. Dès le lendemain, il réussit à prendre intact le pont de Pontaubault, sur la Sélune, voie de passage du plus haut intérêt stratégique vers la Bretagne. En moins d'une semaine, les troupes de Bradley ont réalisé une percée de 60 kilomètres et fait 18 000 prisonniers.

La bataille vient brutalement de changer de visage. La rupture est faite et la guerre d'usure cède alors sa place à une guerre de mouvement.

 

Source: Wikipédia encyclopédie

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COMME TOI...

 

 

Dessin: Obrębska-Stieberowa, Maria

 

Elle avait les yeux clairs et la robe en velours
À côté de sa mère et la famille autour
Elle pose un peu distraite au doux soleil de la fin du jour
La photo n'est pas bonne mais l'on peut y voir
Le bonheur en personne et la douceur d'un soir
Elle aimait la musique surtout Schumann et puis Mozart



Comme toi comme toi comme toi comme toi
Comme toi comme toi comme toi comme toi
Comme toi que je regarde tout bas
Comme toi qui dort en rêvant à quoi
Comme toi comme toi comme toi comme toi

 



Elle allait à l'école au village d'en bas
Elle apprenait les livres elle apprenait les lois
Elle chantait les grenouilles et les princesses qui dorment au bois
Elle aimait sa poupée elle aimait ses amis
Surtout Ruth et Anna et surtout Jérémie
Et ils se marieraient un jour peut-être à Varsovie

 



Elle s'appelait Sarah elle n'avait pas huit ans
Sa vie c'était douceur rêves et nuages blancs
Mais d'autres gens en avaient décidé autrement
Elle avait tes yeux clairs et elle avait ton âge
C'était une petite fille sans histoires et très sage
Mais elle n'est pas née comme toi ici et maintenant

 



Comme toi comme toi comme toi comme toi
Comme toi comme toi comme toi comme toi
Comme toi que je regarde tout bas
Comme toi qui dort en rêvant à quoi
Comme toi comme toi comme toi comme toi

 

 

 

 

 

 

Jean Jacques GOLDMAN


 

 

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JEAN HADEY

Photo: auteur inconnu

En 1938 j'étais à l'Ecole hôtelière de Strasbourg. En 1939 Strasbourg était évacuée et je terminais ma troisième année d'études à Nice.

Après la débâcle je rentrai en Alsace à la recherche de mes parents évacués. Rapidement je me rendis compte de la situation, de la nazification rapide en cours et je m'évadai à bicyclette. Evasion relativement facile en août 40 et je débarquai à Paris où je trouvai du travail à la réception de l'Hôtel George V. Cet hôtel était réquisitionné par les Allemands et était devenu le QG allemand, l'Oberquartiersmeisteramt Paris ! Je m'étais bêtement jeté dans la gueule du loup.

La Gestapo m'interrogea (je n'avais pas changé d'identité encore) et m'informa que je devais rapidement regagner le "Grossdeutschland".

Le "gestapiste" me proposa un marché : "Vous pouvez rester à Paris si vous nous faites une liste des employés qui sont "gaullistes" et "saboteurs" et une autre liste des amis du maréchal Pétain"...

Le lendemain je quittai Paris en donnant une fausse adresse à ma logeuse. J'avais avec moi des lettres de recommandation du directeur du George V, Max Blouet, destinées à des hôteliers de la Côte d'Azur. Max Blouet avait une attitude digne et ne collaborait pas avec l'occupant.

Je franchis la ligne de démarcation en mars 1941 près de Limoges. A Toulon je trouvai une place de cuisinier à la Brasserie de Strasbourg. Pas payé mais nourri, ce qui me permettait de voir venir. Avec quelques amis alsaciens nous avions décidé d'aller en Afrique du Nord et grâce à la filière de Betz nous débarquâmes en Tunisie.

Nous n'avions pas entendu l'Appel du 18 juin mais nous étions tous prêts à nous engager. Nous n'avions malheureusement pas connaissance d'un réseau valable pour rejoindre l'Angleterre.

Après huit mois de chantiers de jeunesse dans les montagnes de Kroumirie à Tabarka et à Ain Draham et un séjour à l'Hôtel Transatlantique de Meknès comme chef de réception, j'ai eu la chance de me rendre utile en faisant un peu de résistance. Ce n'était pas très glorieux mais j'avais l'occasion de renseigner un réseau en signalant les déplacements de la commission d'Armistice. En novembre 1942, après le débarquement allié en Tunisie, je retrouvai notre groupe d'Alsaciens : Marcel Christen qui s'illustra deux ans plus tard comme libérateur d'Illkirch Graffenstaden, Paul Weiss, Roger Kieny, Dumoulins, Arthur Kaiser, Kretz et Paul Angly.

Mai 1943. Tunis était libérée. Je revis Alfred Betz qui me donna des précisions pour rejoindre les FFL, la fameuse force "L" de Leclerc. Rapidement je rassemblai mes amis alsaciens et nous rejoignîmes les free french, déguisés en soldats britanniques.

Pour éviter des frictions et trop de ralliements, nous nous installâmes en Tripolitaine, à Sabratha. C'est dans ce village que je rencontrai mon instructeur alsacien Charles Béné de Sélestat qui nous familiarisa avec les mystères des transmissions., C'était un ancien qui venait de participer aux exploits de la colonne Leclerc du Tchad à Tripoli . Après la guerre, il a écrit une série de livres fort intéressants sur la Résistance alsacienne, L'Alsace sous les griffes nazies.

Ce n'est qu'en septembre 1943 que nous fimes mouvement vers le Maroc où .l'on, forma la 2e Division blindée à Temara près de Rabat. Après un stage aux transmissions, je fus affecté au 5e escadron du capitaine Troquereau du 1 er RMSM (Régiment de marche de spaphis marocains), régiment de reconnaissance. En avril 1944, nous embarquions à bord du Cape Town Castle pour les Iles Britanniques et stationnions à Hornsea près de Hull dans l'East Yorkshire. Accueil très sympathique de la population britannique.

Août 1944. Nous débarquâmes et participâmes aux combats de Normandie Le Mans, Alençon, Forêt de Sées, puis nous fonçâmes vers Paris, en tête du groupement tactique Dio. Le 24 août nous nous retrouvions, après une étape de 250 kilomètres, dans les faubourgs de Rambouillet et vers 9 heures reprenions contact avec l'ennemi. Beaucoup de véhicules allemands détruits et des armes abandonnées.

 Nous rêvions de Paris qui n'était plus très loin.

Mon lieutenant était un brillant officier. Il s'appelait Matucek, était d'origine tchèque, engagé volontaire dans la France libre. Très dur mais juste.  On appelait notre peloton "la Wehrmacht". (Il est mort pour la France et la liberté le 20 septembre 1944 au pont de Flins sur la Meurthe, en allant sous le feu porter secours à des blessés.)

Nous repartîmes rapidement en direction du ministère de la Guerre. A proximité du square Mithouard nous fûmes accueillis par des rafales d'armes automatiques. Nous ripostâmes et certains s'énervaient en tirant un peu dans toutes les directions. Notre conducteur Riboud s'affaissa. Une balle venait de lui traverser le cou.

Le général de Gaulle descendit de sa traction avant et alluma une cigarette. Quelle belle cible ! Il était à deux mètres de moi. Très calme, il refusa de monter dans notre automitrailleuse. Je l'entendis : "Ça suffit ! En voiture ! "

Nous filions vers l'Hôtel de Brienne, rue Saint Dominique, que nous atteignîmes vers 17 heures. Le général Juin donna quelques instructions : assurer la sécurité du ministère et des environs. Notre peloton s'engagea dans la rue de Bourgogne et le combat avec les Allemands qui occupaient encore la Chambre des députés commença. Je descendis du véhicule car ne restaient dans les blindés que des tireurs et les chauffeurs. Les balles sifflaient. Je me protégeais tant bien que mal devant l'entrée d'un salon de coiffure. Notre adjudant Claudepierre réduisit au silence un des deux blockhaus devant la Chambre, côté place de Bourgogne, et avec un obus de 37 le poste de la Flack situé sur le toit de l'immeuble des députés. Nous dégageâmes la place. Les snipers se turent. Drapeaux blancs puis reddition. Plusieurs centaines de prisonniers.

Dans la nuit un orage violent éclata. Les combats se poursuivirent. Le lendemain, la 28e Division US nous remplaça.

Le 16 novembre 1944 ce fut l'offensive. Notre half track de commandement fut touché au milieu du village d'Halloville. Hofer était blessé et Kocha poursuivit à pied sous la mitraille. Lafrimbole. Traversée des Vosges.

 

Nous venions d'apprendre l'existence des camps de la mort et certains de nos camarades avaient vu Dachau et les montagnes de cadavres. J'en parlais aux paysans bavarois chez qui nous étions hébergés. Ils me dirent "Das sind Greulmârchen" (ce sont des affabulations, des histoires inventées). Le lendemain je leur montrai des photos de ces horreurs du camp de concentration et les femmes, très catholiques, se mirent à prier et à pleurer.

Retour en France. Défilé grandiose du 18 juin devant le général de Gaulle. Démobilisé, je repris tout de suite mon poste à l'hôtel George V de Paris.

 

 

Source: Français Libres Ordinaires

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