Texte Libre

Vendredi 21 avril 2006 5 21 04 2006 21:34
3

L'HIRONDELLE ET LE PRISONNIER

 

Photo: Thierry Tancrez

Captif sur les rivages  
Un guerrier, courbé sous ses fers,
Disait : Je vous revois encore,
Oiseaux qui fuyez les hivers.

L'une d'entre vous est peut-être née
Au toit où j'ai reçu le jour ?
Là, où ma mère infortunée,
Chaque jour se lamente d'amour.


 


Mourante, elle croit à toute heure
Entendre le bruit de mes pas ;
Elle écoute et puis elle pleure
De son amour ne me parlez-vous pas

Ma soeur est-elle mariée ?
Avez-vous vu de nos garçons
La foule aux noces conviée,
La célébrer de nos chansons ?

Et mes compagnons de batailles
Qui m'ont suivi dans les combats,
Sont-ils revenus au bercail ?
De tant d'amis, ne me parlez-vous pas ?

Pour moi plus de mère qui prie,
Et partout des fers ici-bas
Hirondelles de ma patrie,
De ses malheurs ne me parlez-vous pas ?

 

Jean De Béranger

Par Lisa Decamps - Publié dans : POEMES
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 19 avril 2006 3 19 04 2006 15:15
3

DANIEL CORDIER

 

 

 

 

 

Photo: auteur inconnu

 

 

 

 

 

Qui est Daniel Cordier, en ce mois de juin 1940? Que pense-t-il de la tourmente dans laquelle la France est plongée? Comment vit-il cette décomposition? Récit:



"Agé de dix-neuf ans passés, j'attends mon incorporation, prévue le 10 juillet. Pendant la "drôle de guerre", je suis réfugié à Pau, chez ma mère qui a refusé mon engagement dans l'armée en 1939. Comme toutes les familles françaises, la mienne a subi l'hécatombe de 1914-1918. Elle a donc supplié son fils unique d'attendre la mobilisation, espérant, comme beaucoup de Français, en une guerre courte. J'ai accepté.

Je sors d'un collège religieux, ma jeunesse est immergée dans l'idéologie de L'Action française. Je lis Léon Daudet, Jacques Bainville, Charles Maurras et j'ai une admiration passionnée pour le jeune Thierry Maulnier qui était au premier rang des manifestants, le 6 février 1934.3e suis un pur produit de la réaction. Une des manchettes de L'Action française les plus admirables pour moi parce que sanguinaire: "On doit fusiller Blum, mais dans le dos." Cet anticonformisme me plaît. L'excommunication de Maurras me conforte dans mon adhésion. Cette exclusion m'a séduit: dans un collège religieux, elle était un défi et m'a d'ailleurs valu d’être renvoyé en 1937 parce que je suis devenu un vrai militant. L'Action française était minoritaire dans la bourgeoisie, qu'elle méprisait et combattait parce qu'elle la jugeait coupable de la chute de la monarchie en 1830 et 1848. Ce journal doctrinaire et polémique a quarante mille lecteurs qui ne partagent pas intégralement ses opinions mais sont curieux d'un mouvement d'idées entretenu par des écrivains de talent.


Le 10 mai 1940, l'entrée des Allemands en Belgique donne le coup d'envoi à la "vraie" guerre. C'est un moment d'exaltation: enfin, je vais me battre. Quelques jours plus tard, je tombe amoureux : je passe mon temps à écrire des lettres enflammées. Les batailles en cours, la défaite passent au second plan.

 



Je me souviens, pourtant, du lundi 17 juin. Je suis alors près de. Pau, chez mon beau-père. Ce jour-là, à 12h30, nous sommes à la maison devant le poste de TSF pour entendre l'allocution de Pétain annoncée dès le matin. Je l'écoute debout, en sa compagnie et celle de ma mère. Quand Pétain a terminé, je suis étouffé par le chagrin. Je me précipite dans ma chambre et me jette sur mon lit en sanglotant. L'hypothèse d'une défaite de la France (malgré les prévisions de Maurras) ne m'avait jamais effleuré. C'est un déchirement, une agonie. Je comprends soudain la profondeur de mon amour pour la France. Moi qui discourais à longueur de jour de la Patrie, la souffrance que j'éprouve à cet instant me révèle la force d'un lien charnel que j'ignorais. Je découvre brusquement à quel point la France est un être vivant et familier à qui je suis attaché comme à ma mère.

 



Après ce désespoir d'orphelin, je me ressaisis : j'ai la certitude d'une trahison de Pétain qui était jusque-là un homme-culte à la maison. Il faut continuer la guerre coûte que coûte pour vaincre. Je redescends et, sans un regard pour mes parents qui déjeunent, je pars comme un fou, à moto, retrouver mes camarades du cercle. Ils arrivent à leur sortie de classe et je leur explique, tout excité : "Il faut faire quelque chose, il faut se battre." En les attendant, j'ai formé le projet que je trouve réaliste et génial d'emprunter les fusils de chasse et les autos de nos parents, et d'aller à la rencontre des Allemands dans les Landes pour en tuer le plus possible! Eclats de rire. Mes camarades jugent mon idée loufoque, bien qu ils soient d'accord pour agir. Mais quoi faire? Nous sommes dans la soirée de lundi 17. N'ayant trouvé aucune solution, nous décidons alors d'organiser une réunion publique. C'était notre habitude à L 'Action française lors de situations politiques critiques. Nous rédigeons un tract l'annonçant pour le jeudi 20. Je porte le texte aux deux journaux de Pau qui le publient.

 


Une des hypothèses répandue par la radio et les journaux est que l'année française va poursuivre la guerre en Afrique du Nord. Le discours de Churchill, proclamant que l'Angleterre continuera la guerre quoi qu'il arrive, est reproduit par les journaux. Les rumeurs les plus folles circulent. Rien n'est clair. Pétain avait annoncé : "Il faut cesser le combat." Mais, dans la soirée, Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, rectifie. Pétain a dit en réalité : "Il faut tenter de cesser le combat", ce qui signifie que le gouvernement a demandé les conditions d'un armistice, mais qu'il les rejettera si elles sont contraires à l'honneur. L'espoir renaît. Nous n'avons pas vraiment l'impression que tout soit fini. En discutant avec mes camarades et mes parents, le projet se forme de rejoindre l'armée française en Afrique du Nord afin de continuer la lutte.

 



Le mercredi 19, nous distribuons nos tracts dans toute la ville. Les gens sont facilement joignables, tout le monde est dans la rue, les réfugiés dorment dans les voitures, écoutent la radio dans les cafés, sont à l'affût des moindres nouvelles. Mais la réunion est interdite par le préfet. Le maire de Pau nous propose de la tenir dans le hall de la mairie. Le lendemain, jeudi 20 juin, le hall se remplit, et la foule déborde sur la place. Mon beau-père annonce qu'il met des cars à la disposition de ceux qui veulent s'embarquer à Bayonne et rallier l'Afrique du Nord. A la nuit tombante, une centaine de garçons montent dans les quelques autobus qui doivent les conduire à Bayonne. Mais une patrouille de soldats arrête le convoi et fait descendre tout le monde : interdiction de quitter Pau. Mon beau-père trouve une solution : quitter la ville le lendemain matin, par le service régulier Pau-Bayonne qui fonctionne toujours. Le 21juin, à 7 heures du matin, dix-sept garçons sur la centaine de la veille montent dans l'autobus de la ligne Pau-Bayonne. La nuit avait dû porter conseil... Parmi eux, quatre de mes camarades de L'Action française. Les autres : des inconnus.

 

Le 25 juin, je suis à Londres.

 

Le représentant de Vichy vient nous voir, à Earnlay School, et nous demande de lui donner nos noms pour rentrer en France. "Mais comment en France !? Nous avons eu assez de mal à la quitter !" dis-je vivement. Il répond : "Mais, monsieur, vous n'avez pas entendu? Le chef du gouvernement, le maréchal Pétain, a signé l'armistice. Il a ordonné aux Français se trouvant à l'étranger de rentrer." Je refuse: "Je suis venu ici pour faire la guerre."

 



Le lendemain, 28 juin, un représentant de De Gaulle vient nous annoncer qu'il organise une légion française. Les volontaires peuvent s'inscrire sur une liste. Il est calme et précis. Ce n'est pas la pagaille, tout semble assez bien organisé. A cette époque, il est facile de rejoindre le Général. On ne filtre pas vraiment les volontaires dans des camps. L'Angleterre de juin 1940 est une grève sur laquelle échouent des épaves de toute l'Europe vaincue. Pourtant, la plupart des réfugiés choisiront de rentrer et, pratiquement, tous les soldats français présents.

 



Le 3 juillet, on nous appelle et on nous embarque pour Londres, destination Olympia Hall, où nous retrouvons des jeunes en civil. Nous découvrons la vérité : nous n'étions pas un millier à être venus en Angleterre - toute la France libre. Pendant trois jours, on nous apprend à marcher au pas et à former les rangs. Le 6juillet, de Gaulle vient nous voir. J'ai une impression glaciale. Un grand corps, une petite tête, un air hautain, aucun rayonnement que j'espérais. Sa première phrase: "Je ne vous félicite pas d’être venus, vous n'avez accompli que votre devoir."

 

 

Dans les premiers temps, mes camarades et moi ne considérons pas que de Gaulle soit Jeanne d'Arc. Nous nous sommes tous débrouillés seuls pour rallier l'Angleterre. Notre décision de poursuivre la guerre nous semble naturelle. Après tout; pensons-nous, de Gaulle n'a fait que son devoir, lui aussi. Aujourd'hui seulement, je comprends la portée exceptionnelle de son geste. A l'époque, ce n'est pas son appel qui le met au-dessus de nous, mais son grade. Il est un général, un point c'est tout. Mes camarades et moi ne sommes pas "gaullistes", nous sommes ses subordonnés, puisque de Gaulle est le commandant en chef de cette armée lilliputienne. Mais, à mesure que nous le connaissons mieux par ses discours, nous sommes fiers d'avoir un tel chef, volontaire, énergique, intransigeant. Et puis il nous fait prendre conscience des raisons profondes de notre engagement. Nous étions venus pour tuer du Boche! Il nous explique, mois après mois, que c'est plus compliqué, que cette croisade patriotique a aussi, et peut-être d'abord, une dimension politique : c'est la France qui continue la guerre et non pas une armée croupion de risque-tout!..."

 

 

 

 

Fin 41, Daniel Cordier entre au Bureau Central de Renseignement et d’Action (BCRA). Parachuté à Lyon, il rencontre Jean Moulin qui en fait son secrétaire. Ensuite, il joua un rôle actif dans la délégation chargée à Paris de représenter le général de Gaulle

Daniel Cordier est Compagnon de la Libération

De retour à Paris après la guerre, il s'adonne à la peinture pendant une dizaine d'années et commence à acquérir des oeuvres. Ayant épuisé son héritage, il ouvre une galerie à Paris, en 1956

Entre 1973 et 1989, il effectue sept donations à l'Etat français: 500 oeuvres de 64 artistes qui font partie des collections du Musée national d'art moderne-Centre Georges Pompidou.

Depuis vingt ans, Daniel Cordier fait oeuvre d’historien en s’attachant, à travers de nombreux ouvrages, à défendre la mémoire de Jean Moulin.

 

Source: Histoire de Français Libres Ordinaires



 

 

 

 

Par Lisa Decamps - Publié dans : BIOGRAPHIES
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 18 avril 2006 2 18 04 2006 14:33
3

LE HEROS CANADIEN DE DUNKERQUE

 

Robert Walter Timbrell, dont la bravoure lors d'une opération de sauvetage de soldats britanniques, il y a 66 ans, lui valut de devenir le premier officier naval canadien à avoir été décoré pendant la Seconde Guerre mondiale, est décédé.

 

 

 



Photo auteur inconnu

Originaire de la région d'Halifax, M. Timbrell, qui s'est éteint mardi dernier, était un sous-lieutenant âgé de 20 ans, en mai 1940, lorsqu'il se retrouva à la barre du Llanthony, un yacht appartenant à un lord écossais.



Le navire de plaisance faisait partie des quelque 800 embarcations privées réquisitionnées par la marine britannique afin d'évacuer le plus de soldats possible le long d'une bande de plage de 16 kilomètres à Dunkerque, de l'autre côté de la Manche, en France.



Avec l'aide de 222 navires de guerre, 338 000 soldats alliés purent être évacués.



Le premier ministre britannique d'alors, Winston Churchill, qualifia l'opération de «miracle», bien que des milliers de soldats eurent perdu la vie et que 50 000 autres eurent été capturés par les Allemands.



M. Timbrell, qui a été décoré de la Croix du service distingué, était retourné à Dunkerque, il y a six ans, à l'occasion de la dernière commémoration de l'Opération Dynamo.



Le Llanthony fut touché dès sa première traversée de la Manche, mais de rapides réparations lui permirent d'effectuer deux autres voyages. En tout, le navire transporta 300 soldats en des lieux plus sûrs. Les équipages de quatre bateaux de pêche également sous les ordres de M. Timbrell parvinrent à évacuer 600 militaires de plus.



M. Timbrell devint éventuellement contre-amiral et se retrouva à la tête de la marine, avant de prendre sa retraite, en 1973.

 

 

 

Source: Presse Canadienne

Chester Basin, Nouvelle-Écosse

Par Lisa Decamps - Publié dans : BIOGRAPHIES
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 14 avril 2006 5 14 04 2006 17:29
3

MAURICE ETCHEVERRY

Photo: auteur inconnu

 

 

 

 

 

 

Engagé volontaire dans la Marine Nationale à 18 ans en 1941. Embarque sur le RICHELIEU parti aux U.S.A pour finir son armement et convoyer une partie de l'or de la Banque de France.



Lors de son escale à New-York, il fait parti des 7 marins (sur plus d'un millier) à déserter et passe au Canada à Halifax où après quelques jours de prison (le temps de l'enquête) il embarque sur le premier convois pour l'Angleterre ou il est affecté sur le contre torpilleur F.N.F.L "LA COMBATTANTE".



Son matricule F.N.F.L est "204 FN 43"



Le bâtiment est affecte en Manche et en Mer du Nord pour combattre les vedettes rapides S-boot. Il fait parti de la 1re Escadre de Destroyers de Porsmouth



Jusqu'au 6 juin 1944 son commandant est le capitaine de corvette Patou. Après le 6 juin 1944 c'est le capitaine de corvette Pépin Lehalleur qui prit le commandement jusqu'à sa perte en mer du Nord, la nuit du 23 février 1945 emmenant avec elle 65 marins français et 2 britanniques.



Mon Frère avait 22 ans lors de sa mort !



C'est LA COMBATTANTE qui dans la nuit du 12 au 13 mai 1943, coule une vedette rapide allemande et recueille les survivants dont le fils de l'amiral Donitz qui mourut a bord de ses blessures.

A la poursuite de son destin

 

 

Après le 6 juin 44 un nouveau contingent de marins est arrive ce qui a permis aux anciens de pouvoir poser sac à terre.

 


Comme ma mère me l'a souvent dit, Maurice avait refusé : "ce n'est pas parce que la FRANCE est libérée qu'il faut s'arrêter la , d'autres pays ce sont battu à nos cotes et aujourd'hui ils ont besoin de nous comme nous nous avons eu besoin d'eux"

 



Février 45 pour la première fois il vient à la maison pour 1 mois , pour une raison qui restera toujours inconnue , il se rend à PARIS à l'amirauté. Là il apprend que LA COMBATTANTE est en rade de BREST et doit prendre la mer pour PORTSMOUTH .

 



Il entre à la maison pour nous embrasser et dire au revoir à sa petite soeur née en 41 et à son petit frère ne en 43, à ses parents et ses soeurs ( mon deuxième frère qui aujourd'hui est l'ainé était au combat avec la première armée)

 



Il arrive à BREST, pas de bâtiment ! Il avait levé l'ancre ....

 



Par chance (?) un bâtiment britannique quitte BREST pour PORTSMOUTH. Ils acceptent de le prendre à leur bord.

 



Toujours pas de bâtiment , mais il rencontre le vaguemestre (PETER Roger qui nous a raconte les aventures de mon frère ) qui lui dit que LA COMBATTANTE était a SHERNESS. Ils prennent le train et arrive à LONDRE ils rencontre un matelot qui lui dit de se depecher car il appareillait.
En effet ils étaient en train de lever l'échelle de coupée...

 



Maurice a crié d'attendre, il a embarque à 23h30 il est mort a 23h55.

 



Si ce n'est pas le destin, dites moi ce que c'est !!!

 

 

 

 

 

 

Source: Histoire des Français Libres

 

Par Lisa Decamps - Publié dans : BIOGRAPHIES
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 13 avril 2006 4 13 04 2006 17:01
3

MAURICE POUALION

 

 

 

 

 

Photo: auteur inconnu

 

 

 

 

 

 

Maurice Poualion, vous salue avec son képi de "légionnaire". Au volant de sa Jeep "L'as de Carreau", il vient d'entrer dans la banlieue de Paris, en tête du groupe Dio, l'un des 4 groupes tactiques de la Deuxième Division Blindée. A ses cotés, le sergent Ernest Basile.



Sur le visage de Maurice, on lit sa joie d'être arrivé jusque là, mais aussi l'humilité et la retenue d'un homme qui pense n'avoir fait que son devoir. Un devoir qu'il accomplit depuis plus de 4 ans et qui n'est pas encore terminé.

 



Il recevra les décorations suivantes :

 



Chevalier de la Légion d'Honneur (Decret 20/12/50 - Journal Officiel 22/12/50)

 



Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de Bronze, d'Argent et de Vermeil.

 



Médaille coloniale d'outre mer avec barrette Koufra (Décret 26/03/42)
- barrette Koufra Fezzan-Tripolitaine (Décret 23/01/43)
- barrette Koufra Tunisie 42-43 (Décret du 17/04/44)

 



Médaille des service volontaires de la France Libre.

 



Médaille de la Résistance (Décret 26/3/45; Journal officiel 30/3/45)

 



Médaille Commémorative de la Guerre 39-45

 



Son fils, Marcel Poualion, nous parle de son père :

 



Alors qu'il n'était qu'un jeune homme, avant même son service militaire, Maurice se retrouva responsable de son frère et de sa soeur après la mort de son père et de sa mère. Il travailla dans divers ateliers et autres garages, étudiant le soir pendant plusieurs années, tout en s'occupant de sa jeune famille. Il termina ses études à l'Ecole des Arts et Métiers pour finir Ingénieur Mécanicien.

 

 



Son frère et sa soeur ayant grandis, il parti à la recherche d'un emploi et émigra pour participer à la colonisation de l'Afrique où il décida de s'établir tout d'abord pour exploiter le bois des forêts tropicales avant d'ouvrir son propre atelier mécanique dans une petite ville du plateau forestier du sud Cameroun appelé M'Balmayo.

 



Lorsque la deuxième guerre mondiale éclata, il s'enrôla comme légionnaire dans les restes de l'armée française locale sous le commandement du Capitaine Dio. Il fut amené à rejoindre l'armée Française Libre du général Leclerc en Novembre 1940. Cette armée devint connue plus tard sous le nom de Deuxième Division Blindée, "la 2ième DB". Il participa à la 'Grande Marche' de la campagne Africaine à travers le Gabon, le Tchad, la Libye, le Fezzan, la Tripolitaine et la Tunisie.

 



Après avoir rejoint les alliés en Afrique du Nord, il fut embarqué pour l'Angleterre dans l'attente du débarquement. Il combattit avec l'armée de Leclerc pendant toute la 'Campagne de France' et se trouva à la tête de l'une des premières colonnes à pénétrer dans Paris libéré le 24 Août 1944 avec le groupe Dio. Il participa à l'offensive des Ardennes sur Strasbourg et l'Allemagne et finalement jusqu'au repaire du nid d'aigle de Hitler à Berchtesgaden.

 



Il fut blessé cinq fois par balles et par éclats de grenades et d'obus et a reçu quatre citations pour action courageuse sous le feu ennemi.

 



Il termina la guerre comme Lieutenant de Réserve en 1946 quand il rencontra et épousa ma mère, elle-même veuve de guerre. Ils s'installèrent au Cameroun où il travailla dans une compagnie forestière. Il établit ensuite sa propre affaire de réparations mécaniques, station d'essence et pièces détachées sous licence Citroën. Il s'occupa de son affaire avec succès pendant presque 10 ans quand il mourut subitement d'un cancer du foie, le résultat d'une hépatite mal traitée, en 1957.

 



J'avais 9 ans alors et le monde brusquement s'écroula autour de moi.

 



J'ai commencé un roman basé sur les faits connus de sa vie ainsi qu'une séries de photographies fanées et de souvenirs que j'ai pu rassembler. Le personnage de ce roman est basé sur les haillons de souvenirs d'un garçon de 9 ans qui a perdu son modèle.

 



C'est une tentative pour exorciser les fantômes qui m'on hanté depuis.

 

 

 

 

 

 

Source: Histoires de Français Libres ordinaires

 

 

Par Lisa Decamps - Publié dans : BIOGRAPHIES
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus