SE RETROUVER

Publié le par Lisa Decamps

UNE BASE DE DONNEES PERMET 

AUX  SURVIVANTS  DE LA 

 SHOAH ET A LEUR PROCHES DE SE

RETROUVER  

 

 

 

 

 

ANNA MAGDID est née de parents inconnus, dans un camp de concentration dont elle n'a jamais su le nom.  Rochelle Baker avait quinze ans quand elle échappa à la mort en Pologne, en sautant d'un camion de transport nazi.

Laslo Heilprin était un jeune résistant hongrois, qui imprimait des faux papiers pour des juifs. Depuis 1945, ces hommes et ces femmes, comme tant d'autres, avaient perdu la trace de leurs proches, apparemment pour toujours. Désormais, ces maigres souvenirs vont peut-être leur suffire à renouer avec leur passé grâce à un nouveau site Web, Holocaust Global Registry (Registre mondial de l'Holocauste), base de données conçue pour permettre aux survivants de la Shoah et à leurs familles de se retrouver.

Cette initiative, sans précédent sur le Web, a été prise par JewishGen, une association très active dans le domaine des études généalogiques sur les communautés juives du monde entier. Sa responsable, Kathy Altman, insiste sur la puissance inégalable de ce nouvel outil : " Quand j'apprenais que des retrouvailles entre des survivants et leurs familles avaient lieu, je savais que d'autres étaient encore possibles. Mais comment mettre en contact des personnes vivant dans des pays parfois très éloignés ? Ayant moi-même mené ce genre de recherches, je sais à quel point elles sont difficiles. C'est alors qu'Internet est apparu.  "

Le " registre " est encore en chantier, mais il inclut déjà des demandes venant de tous les continents, du Chili à la Chine. Les survivants ou leurs proches affichent les quelques renseignements et les bribes de témoignages dont ils disposent. La rubrique la plus poignante a été intitulée " Je me souviens " : il y est question de frères vus pour la dernière fois dans une gare oubliée, et d'enfants perdus évoquant le visage d'un père. Parfois, l'horreur ne se décrit pas. Un rescapé a rempli sa case " Je me souviens " avec ces seuls mots : " De tout. "

Ceux qui croient se reconnaître ou pensent qu'ils peuvent aider aux recherches envoient des messages. Ainsi, un échange mondial d'informations est en train de s'amorcer. Kathy Altan reçoit aussi des demandes émanant de personnes dont les parents, survivants de la Shoah, sont morts récemment, mais qui souhaitent néanmoins les voir figurer dans le " registre ". Pour le moment, elle doit refuser, mais espère pouvoir leur dédier à l'avenir un mémorial en ligne.

 

 

Article "Le Monde"

Publié dans HISTOIRE

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Lola 16/11/2005 16:23

Cette base est une très bonne idée, et une excellente opportunité pour guérir les blessures!