QUI ETAIT LOUIS PIGON

Publié le par Lisa Decamps

QUI ETAIT LOUIS PIGON?

 

Place de la Mairie à St-Romain-en-Gier, devenue Place Louis PINGON en 1991, une plaque de marbre porte l’inscription suivante :

 

"Louis PINGON, Maire de Saint-Romain-en-Gier du 29 janvier 1934 au 10 avril 1943, Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaillé Militaire, Croix de Guerre, arrêté par la gestapo le 10 avril 1943, déporté à Buchenwald-Dora, décédé le 21 janvier 1944 "

Photo : auteur inconnu

 

 

 

 

Louis Pingon appartient à cette génération d’hommes du début de notre siècle fortement ancrée dans les événements que traverse le pays. Entrepreneur de maçonnerie comme son père, maire de St-Romain-en-Gier quelques années après lui, son destin semble tracé par la voie familiale, si ce n’est qu’il a 20 ans au moment de la 1ere guerre mondiale, l’âge de connaître les difficiles combats de Champagne et de Verdun, l’âge d’être éprouvé par la mort de son frère en Argonne, l’âge de se conduire brillamment face à l’ennemi, et de mériter la Croix de Guerre avec palmes et la Médaille Militaire...

Dans la décade des années vingt, il entre en politique au parti Radical-Socialiste dans lequel il milite activement et en 1934, il devient donc à son tour maire de la petite commune de St Romain-en-Gier. Il se dévoue à la chose publique, sa gestion est saine et sa grande oeuvre de Maire est la réalisation de la Mairie-école qui reste un modèle du genre pour une petite commune. Les habitants lui font largement confiance lors des diverses élections. 1938 : c’est Munich, une conférence qui scandalise une partie de la France et qui endort l’autre. A Saint Romain, l’entreprise Pingon construit - c’est son travail - et noie dans le béton d’une nouvelle demeure une bouteille contenant le journal de l’époque ... 1940 : c’est la Bataille de France perdue, un armistice demandé et accepté par des dirigeants (Pétain, Laval et d’autres). La France encore une fois hésite, se divise...

Pour Louis Pingon, pas d’équivoques : les nazis sont sur le sol de France, la Résistance commence.

En 1940, ceux qui veulent résister se comptent sur les doigts des deux mains dans la région . Chez Pingon, transitent dès l’automne les premiers journaux clandestins " Liberté "," les Petites Ailes " , puis plus tard " Le Coq Enchainé ", " Libération ", " Combat ", "Franc-Tireur ", " Le Père Duchesne ", "Le Courrier de l’Air "... A la fin de l’été 1941, Louis Pingon fonde le groupe du " Coq enchainé " sur Rive de Gier, ce qui n’exclut pas des liens étroits avec un groupe de Givors auquel appartient Joseph LIAUTHAUD. Le groupe lyonnais du " Coq enchaîné " entretient des relations étroites avec le S.O.E. (Special Operations Executive ) et ses membres aident activement à la création des réseaux BUCKMASTER. Louis Pingon de Rive de Gier intègre donc dès 1942 la France Combattante au sein du réseau " NICOLAS" du réseau " BUCKMASTER ". Ce groupe est chargé de diverses missions dont la réception de parachutages . Quelques armes transitent parfois par la maison familiale. Des contacts ont lieu et des liens se tissent avec les acteurs d’autres mouvements de Résistance.

Il est toujours très difficile de retracer une activité résistante qui par définition est clandestine et ne lègue aux enfants que de rares souvenirs, si peu de papiers, quelques paroles, quelques visions de cette époque faite de secrets ...

Fin mars 1943, un canon, dont les amarres ont été sabotées, tombe d’un train roulant en direction Givors et s’immobilise à St-Romain. Coincïdence ? L’incident provoque l’intervention de la gestapo. Soupçons ? Louis Pingon, le Maire de la commune,est contraint de se rendre aux convocations. Se fait-il piéger lors des entretiens ? A t-il été dénoncé auparavant ? C’est probable sinon certain. Le 10 avril 1943, il est arrêté et incarcéré au Fort Montluc à Lyon. Les interrogatoires sont musclés et brutaux, mais il ne dévoile rien ; les autres membres du réseau "Nicolas" ne sont pas inquiétés.

Fin juin 1943, il est transféré sur la région parisienne : Fresne, puis Romainville, Compiègne et Buchenwald. Louis Pingon est affecté au kommando du tunnel de Dora, dont les rares survivants racontent que c’est " l’enfer parmi l’enfer " : le travail de percement du rocher, la poussière, le bruit, les cris et les coups des surveillants S.S. ou des kapos, le manque de nourriture et d’hygiène... Louis Pingon s’éteint d’épuisement sous les coups des slagues le 21 janvier 1944.

La croix de Guerre 1939-1945 avec Palmes et Légion d’Honneur lui ont été attribuées à titre posthume.

 

 

 

 

Source : http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=194

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