NE JAMAIS OUBLIER

Publié le par Lisa Decamps

NE JAMAIS OUBLIER

 

 

 

 

Photo : auteur inconnu

 

 

 

 

Dans le petit matin gris, on les a arrêtés
Dans le train qui les transportait
Ils pleuraient, priaient, se soutenaient
Se tenant par la main de peur d'être séparés



De quelles fautes étaient-ils accusées ?
Pour être ainsi, blessés, humiliés, battus
De tous leurs droits on les a déchus
Les enfants de leur mère on été séparés

 



Pendant ces mois plus longs que des années
En haillons, courbant la tête, ils ont tenu
Pensant que le monde les avait oubliés
Beaucoup sont morts, peu sont revenus

 



Qu'avaient-ils bien pu faire ? Pour vivre un tel enfer
Etre traité, comme jamais, on ne traite une bête
Il ne leur restait que des rêves plein la tête

 



Quand vous les rencontrez, ils posent sur vous, un regard si doux
Ils racontent leur enfer, par pudeur ils ne disent pas tout
Dieu fasse qu'il en reste toujours un pour témoigner
De la folie des hommes, et que cela ne puisse recommencer

 

 

 

 

 

 

 

Annie Mathieu


Publié dans POEMES

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