GEORGES DUDAL

Publié le par Lisa Decamps

GEORGES DUDAL

 

 

 

 

 

arrêté le 02.10.40 pour faits de résistance
Prison de la Santé - Prison de Fresnes.
Internement à Ancourt, Voves et Compiègne
Déportation : Birkenau le 9 mai, Auschwitz,
Gross Rosen, Hersbruck, Dachau.
Libéré le 19.05.1945
Matricule 45494

 

 

 

 

 

Photo: auteur inconnu

 

 

 

 

 

 

 

NOËL ! NOËL ! NOËL !



Les enfants sont heureux, émerveillés. C’est un beau jour qui reste gravé en mémoire. Le Père Noël apporte les jouets, les friandises et la joie des petits et des grands. Le Noël 1942 fut pour moi le plus triste de mon existence et reste gravé dans ma mémoire.

 


Sur 1170 hommes du convoi dit "45000", arrivés le 8 juillet 1942 au camp de la mort d'Auschwitz, à Noël, à peine 6 mois après notre arrivée, plus de 1000 camarades nous avaient quittés. Morts dans des conditions atroces, les coups, la faim, la soif; le travail forcé jusqu'à épuisement, les épidémies, la chambre à gaz vas laquelle nos amis partaient en chantant la Marseillaise.

 


Dans ce block 5, à Birkenau, nous ne restions plus que 5 ou 6 de notre convoi.
La semaine était de 7 jours pleins, sans repos. Pour ce Noël 1942, des bruits circulaient, nous devions nous reposer toute la journée pour fêter ce beau jour. Les SS avaient planté un sapin très haut tout illuminé qui nous rappelait les arbres de Noël de notre France. Le 24 décembre, le soir, nous avons chanté des chansons de notre jeunesse pendant plus d'une heure. Grand moment de bonheur pour nous et nos camarades Polonais qui nous fit oublier, pour quelques instants, notre triste destin.
Mais à 3 heures du matin de ce 25 décembre, branle-bas de combat, réveil à coups de matraques. Appel à l'extérieur par -200C en dessous de zéro pendant plusieurs heures au garde-à-vous. L'appel terminé, départ pour le travail forcé. Nous étions des milliers, peut être plus de 10 000.


Le but de l'opération prévue par les SS était d'empierrer la route centrale de Birkenau sur environ 1 kilomètre de long. Sur chaque côté de la route, des SS, des chiens féroces, des coups frappant à coeur joie, parfois mortellement. Les pierres étaient transportées dans nos vestes, enfilées à 1'envers c'est à dire le dos devant, pour former une poche en remontant les deux angles de la veste dans laquelle deux pelletées de pierres étaient versées. Il fallait courir sous les coups et les morsures des chiens pendant plus de 500 mètres et sans arrêt, toute la journée et sans toucher aucune nourriture. Résultat : des centaines de morts, probablement plus de 2000.


Le soir les SS jouissaient de cette journée dramatique. Pour comble, les corps des victimes étaient empilés au pied de l’arbre de Noël, comme des cadeaux.
Ce n'était qu'une de ces dures épreuves endurées ; il y en eut bien d'autres. Nous étions là pour mourir. Le sort a voulu que je rentre en France en 1945. Je pesais 32 kilos, la peau et les os.
Pourquoi suis-je rentré ? La chance ? Le destin ? Mais surtout la solidarité et le moral. Tous nos camarades qui ont laissé leur vie dans cet enfer sont morts dans des conditions inhumaines, pour la Patrie, après avoir lutté contre l'envahisseur. Mais la reconnaissance de la France est plus que discutable.



Il ne faut pas oublier pour ne plus revoir cela !

 

Source : http://www.ac-versailles.fr/etabliss/lyc-coulanges-massy/CNR/dudal.htm




 

 

 

Publié dans BIOGRAPHIES

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