LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS

Publié le par Lisa Decamps

LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS

 

 

 

 

Carte : auteur inconnu

 

 

 

 

 

Les Français parlent aux Français, émission radiophonique française de la BBC, diffusée entre le 14 juillet 1940 et le 31 août 1944.

 

 

 

Dans le sillage de l’appel du général de Gaulle prononcé le 18 juin 1940 à Londres (voir Appel du 18 juin), une équipe française est constituée grâce à l’initiative d’un officier de liaison de la BBC et placée sous la direction du metteur en scène Michel Saint-Denis, le neveu de Jacques Copeau. Elle compte notamment parmi ses membres Maurice Schumann, jeune journaliste antimunichois de l’agence Havas qui sera appelé à s’exprimer en tant que porte-parole du général de Gaulle plus d’un millier de fois jusqu’en 1944. L’équipe des Français parlent aux Français affirme d’emblée un ton et une forme originaux qui n’appartiennent qu’à elle et qu’il faut imputer directement à Michel Saint-Denis — les auditeurs l’entendent s’exprimer sur les ondes de la BBC sous le pseudonyme de Jacques Duchesne. Homme de théâtre frotté au meilleur de l’avant-garde de l’entre-deux-guerres, il transpose cette expérience à la radio et conçoit cette émission politique sur le modèle d’un spectacle, qui n’exclut en rien une grande probité informative. La radio se fait ici pleinement moyen d’invention politique.

Chaque soir, au nom des Alliés, de remarquables journalistes comme Pierre Bourdan et Jean Marin commentent l’actualité de manière claire, convaincante et directe. Sur un rythme soutenu et sur un ton qui se veut proche de l’auditeur, l’émission alterne reportages et témoignages, entrecoupés de musique militaire. Dès la fin du mois d’août 1940, le peintre Jean Oberlé, l’un des animateurs des Français parlent au Français, invente le slogan « J’aime mieux voir les Anglais chez eux que les Allemands chez nous » et la fameuse ritournelle : « Radio Paris ment / Radio Paris ment / Radio Paris est allemand. » De son côté, le parolier de la section française Maurice Van Moppès, concocte, pendant les bombardements, une parodie de la chanson de Charles Trenet, « Boum ». Quant à l’humoriste Pierre Dac, arrivé à Londres en 1943, il rompt des lances avec la vedette de la radio nationale vichyste, le collaborationniste et antisémite notoire Philippe Henriot. À celui-ci qui l’avait traité d’« Isaac André », Pierre Dac fait une réponse demeurée célèbre, où, après avoir évoqué son frère mort pour la France pendant la Première Guerre mondiale, il imagine l’épitaphe du collaborateur : « Philippe Henriot, mort pour Hitler, fusillé par les Français. »

 

 

 

 

 

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