SA FAMILLE TUEE IL Y A 63 ANS

Publié le par Lisa Decamps

Un Israélien cherche en Pologne les restes de sa famille tuée il y a 63 ans

 

 

 

 

 

Photo : auteur inconnu

 

 

 

 

 

 

Roni Lerner, fils d'un rescapé de l'Holocauste, recherche dans l'est de la Pologne les dépouilles de sa famille qu'il croit avoir été tuée par des paysans polonais en 1943, alors qu'elle se cachait des nazis pendant la seconde guerre mondiale.



Lundi, en présence d'un procureur polonais, des ouvriers ont retourné en vain la terre sur le petit cimetière catholique du village de Przegaliny où les restes de 6 membres de sa famille pourraient être enterrés.

 



«Hélas, on n'a rien trouvé. Il faudra retourner une nouvelle fois en Pologne avec du matériel plus sophistiqué», a expliqué à l'AFP Roni Lerner, tout aussi ému que déçu.

 

 

Il repart en Israël, sans les dépouilles de sa grand mère Gitl et de ses cinq enfants qu'il comptait enterrer à Moshav Hibbat Zion aux côtés de son père, Yitzhak qui, lui, a échappé à la mort. Il s'était caché sous une autre identité à Varsovie.

 



«Même si plus de 60 ans se sont écoulés depuis l'Holocauste, les descendants des rescapés ne cessent de venir massivement d'Israël ou des États-Unis en Pologne à la recherche des dépouilles de leur familles», explique Aleksander Wasowicz, présent sur les lieux. Il veille au respect des principes de la religion juive, qui interdit l'exhumation sauf exceptions.

 



Une fois la guerre finie, Yitzak Lerner est retourné dans son village natal de Komarowka, à quelque kilomètres de Przegaliny où la famille vivait avant la guerre. Il y a récolté des témoignages sur leur mort, préservés aujourd'hui dans les archives de l'Institut historique juif à Varsovie.

 



«Selon ces témoignages, cinq paysans ont tué dans la nuit du 30 octobre 1943 huit juifs dont ma grand mère et ses cinq enfants, et deux autres juifs de Miedzyrzec qui se cachaient avec eux dans un abri creusé dans la terre», explique Roni Lerner. Il y a trois ans, il a repris lui-même l'enquête.

 



Le dernier paysan en vie, Jozef Radczuk, 91 ans, vit toujours dans sa petite ferme de 3 hectares située à environ un kilomètre de la cachette.

 



«Radczuk est un des cinq qui les ont tués», affirme Roni Lerner.

 



Interrogé par l'AFP, le vieil homme nie toute responsabilité pour le crime.

 



«Ce sont des bandits qui l'ont fait. Franciszek Uzdowski, qui les a cachés, me l'a raconté», a-t-il déclaré. «Ceux qui l'on fait ne sont plus là», ajoute-il.

 



«Moi, j'ai juste vu quand après la guerre la police communiste a exhumé leurs corps et j'ai vu l'endroit au cimetière où ils ont été enterrés dans des caisses en bois».

 



«C'est dans le petit coin à gauche de l'entrée, entre deux arbres», ne cesse de répéter Jozef Radczuk.

 



C'est sur la base de sa description que Roni Lerner et le procureur polonais ont délimité le champ des fouilles.

 



Mais les arbres d'aujourd'hui ne sont plus ceux dont il se souvient. Les peupliers au long de la muraille du cimetière ont du être plantés après la guerre, ils n'ont pas plus de quarante ans.

 



L'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) chargé d'enquêter sur les crimes nazis et staliniens mène de son côté une investigation préliminaire.

 



«Après la guerre, l'enquête sur cette même affaire avait été classée»,a expliqué à l'AFP Jacek Nowakowski, procureur en chef de l'IPN à Lublin (est), «pour l'instant, nous n'avons pas suffisamment d'éléments pour ouvrir formellement une nouvelle enquête».

 



«Si tout ça est vrai, c'est une honte pour les gens d'ici et pour la Pologne entière», dit un habitant de Przegaliny qui préfère rester anonyme. «Il y a eu des assassins, mais d'autres ont risqué leur vie pour aider les juifs. Mon père en a caché plusieurs dans notre grange».

 



Przegaliny ne serait pas une exception. Sous l'occupation nazie, des centaines de juifs ont été tués par des paysans polonais, comme dans le petit village de Jedwabne (est), en 1941. Mais dans le même temps, la Pologne est la nation qui a fourni le plus de Justes qui ont sauvé des Juifs sous le nazisme.

 

 

 

 

 

Source: Yahoo actualités

Maja Czarnecka

Agence France-Presse

Przegaliny, Pologne


 

 

Publié dans HISTOIRE

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