ATTENTAT CONTRE HITLER

Publié le par Lisa Decamps

ATTENTAT CONTRE HITLER

20 Juillet 1944


 

 

Dessin: auteur inconnu

 

 

 

 


Des militaires antinazis



Malgré douze ans de dictature et de terreur, le Führer n'a jamais pu rallier à sa cause la noblesse militaire prussienne, attachée à ses traditions et à son honneur, ni les démocrates sincères, portés par la foi chrétienne. Il a dû aussi combattre les défections et les manigances de ses plus proches collaborateurs, comme Rudolph Hess ou Hermann Goering. Les uns et les autres ont sans trêve comploté contre le dictateur, non sans parfois payer très cher leur audace.



Le comte Helmuth von Moltke, descendant du maréchal qui conduisit les armées prussiennes à la victoire en 1870, écrit dans un document retrouvé après son exécution : «Pour nous, l'image de l'Europe d'après guerre dépendra de la façon dont nous pourrons rendre à nos concitoyens le respect de l'homme»

 

L'attentat du 20 juillet 1944, baptisé «Opération Walkyrie», est le plus spectaculaire de tous ceux qui ont visé Hitler. Les conjurés veulent tuer Hitler pour renverser le régime et établir à sa place une dictature conservatrice en rétablissant éventuellement la monarchie. Ils espèrent faire la paix avec les Anglo-Américains tout en continuant la guerre contre l'Union soviétique. 

 

Parmi les conjurés figurent plusieurs hauts gradés comme les généraux Beck, Goerdeler et surtout le comte Claus von Stauffenberg (36 ans). Issu d'une vieille famille de l'aristocratie souabe, celui-ci découvre en Russie, pendant l'hiver 1941/1942, la brutalité des SS et se lie à des groupes de comploteurs. Bien que catholique fervent, il est convaincu de la nécessité d'assassiner Hitler et y voit le seul moyen de retourner l'armée contre le régime nazi.

 

Stauffenberg combat aux côtés du maréchal Rommel en Afrique, où il perd un oeil et une main. Ne voulant pas renoncer à son projet d'attentat, il rentre en Allemagne en 1943 et obtient d'être affecté à l'état-major de l'armée de terre avec le grade de colonel. Nommé en juillet 1944 chef d'état-major de l'armée de réserve du général Fromm, il a désormais accès aux conférences de la Tanière du Loup.

 
Entre temps, le groupe de conjurés a été rejoint par le prestigieux maréchal Erwin Rommel, le «Renard du désert». Nazi convaincu, il a acquis la conviction que la guerre était perdue et en a conclu qu'il était temps pour lui de se détacher de Hitler. Son chef d'état-major, le général Hans Speidel, s'associe également au complot. A la différence de Stauffenberg, toutefois, l'un et l'autre persistent à croire en la possibilité d'une paix séparée avec les Occidentaux.



Malchance

 

 
Stauffenberg participe ce 20 juillet 1944 à la conférence militaire habituelle. Celle-ci a été avancée à 12h30 au lieu de 13 h, en raison d'une visite de... Mussolini. Le dictateur italien doit arriver en train à 14h30 à Rastenburg. En raison de la chaleur de l'été, la réunion se tient dans un chalet en bois et non dans un bunker en béton... Le moment venu, Stauffenberg en personne dépose une valise piégée près de Hitler, sous la table autour de laquelle se déroule la conférence. Puis il quitte la pièce sous le prétexte de donner un coup de fil.

La valise dérangeant un des militaires, celui-ci la déplace de sorte qu'elle est désormais séparée de Hitler par le lourd support en chêne de la table. Lorsque se produit l'explosion, à 12h 42, les parois du chalet sont soufflées, ce qui amoindrit la puissance de l'explosion. Et le Führer, protégé par le pied de la table, n'est en fin de compte que légèrement blessé.


Stauffenberg a vu le chalet se volatiliser et des corps expulsés par les ouvertures. Il est convaincu qu'il ne reste plus personne de vivant à l'intérieur et, sans perdre une minute, se rend à Berlin dans l'intention de participer au soulèvement. A son arrivée à l'aéroport, trois heures plus tard, il téléphone aux autres conjurés et apprend, consterné, que ceux-ci n'ont pas osé déclencher le soulèvement faute de certitude sur le sort de Hitler.

 
Beaucoup de participants à la conférence ont été tués ou grièvement blessés mais celui-ci et le général Keitel qui se tenait à ses côtés ont eu une chance inouïe... Quand Mussolini arrive pour ce qui sera la dernière rencontre des deux dictateurs, il est accueilli par un Hitler surexcité, le pantalon en lambeaux, les cheveux roussis, le bras paralysé... Les deux hommes, après une phase d'agitation, s'installent pour le thé. C'est alors qu'arrive de Berlin l'information selon laquelle l'armée se serait soulevée. Aussitôt, les dignitaires présents (Ribbentrop, Doenitz,...) s'envoient des reproches et des injures à la figure sous le regard de Hitler, silencieux.


Répression



A Berlin, Stauffenberg, suppléant à l'inertie de ses complices, a fait arrêter son supérieur, le général Fromm... mais il a négligé de couper les communications téléphoniques avec le Grand Quartier Général et de se saisir de la radio. Le ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, reprend habilement la main et retourne en sa faveur l'officier venu l'arrêter. A 18h30, la radio annonce que Hitler vient d'échapper à un attentat. A Prague et Vienne, les généraux qui avaient entamé le soulèvement font machine arrière.


Le ministre de l'Intérieur, Heinrich Himmler, prend le commandement de l'armée de l'intérieur. Les troupes investissent le quartier général de la conjuration, la Bendlerstrasse. Stauffenberg est exécuté sur place ainsi que d'autres chefs de la conjuration. Le général Beck est contraint au suicide. A 1h du matin, Hitler lui-même s'exprime à la radio et annonce une sévère répression. Il tiendra parole.

 
Le 8 août, un premier groupe de conspirateurs passe en procès devant le Tribunal du Peuple, présidé par Roland Freisler, celui-là même qui condamna les étudiants de la «Rose blanche». Ils sont immédiatement pendus.


Le 14 octobre, le maréchal Erwin Rommel sera sommé de se suicider. Eu égard à sa grande popularité, Hitler lui accordera des funérailles nationales. L'amiral Wilhelm Canaris, ancien chef de l'Abwehr (le service de renseignement) est lui-même soupçonné de participation au complot. Il sera envoyé au camp de concentration de Flössenburg où il sera pendu le 9 avril 1945.

 

 

 Au total, la Gestapo aurait procédé à 7.000 arrestations suite à l'attentat du 20 juillet et 5.000 personnes auraient payé de leur vie cette tentative tardive de se débarrasser du tyran et de laver l'honneur de l'Allemagne. Plus déterminé que jamais, Hitler mènera l'Allemagne jusqu'au bout de sa folie.

 

 

 

 

 

 

 

Source : www.herodote.net

Publié dans HISTOIRE

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