BABI YAR

Publié le par Lisa Decamps

BABI YAR

Photo : auteur inconnu

 

Les cérémonies officielles pour le 65e anniversaire du massacre de Babi Yar, où les nazis exécutèrent 34.000 juifs les 29 et 30 septembre septembre 1941, ont débuté mercredi à Kiev en présence du président israélien Moshé Katzav.Les commémorations ont été lancées par M. Katzav devant une sculpture en forme de menora, le chandelier juif à sept branches, érigée en 1991 par la communauté juive à Babi Yar, un site de triste mémoire dans la capitale ukrainienne.

"Nous disons que nous ne le pardonnerons jamais et que cela ne se reproduira jamais. Nous n'oublierons jamais", a déclaré M. Katzav, portant un costume noir et une kippa noire, avant de déposer une gerbe de fleurs devant le monument, au son d'une flûte.

Les commémorations se sont ensuite poursuivies dans une autre partie de Babi Yar, devant un monument érigé à l'époque soviétique en 1976 qui ne précisait pas que les victimes étaient juives.

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, M. Katzav et leurs homologues croate Stipe Mesic et monténégrin Filip Vujanovic, ainsi qu'une quarantaine de délégations étrangères ont participé à ces cérémonies à l'ampleur sans précédente depuis l'indépendance de l'Ukraine.

Neuf soldats ont déposé une longue guirlande de chrysanthèmes et lis blancs devant la sculpture représentant un groupe de victimes de Babi Yar.

Les hauts responsables ukrainiens et étrangers ont ensuite un à un placé des bougies entourées de fleurs près de la guirlande, au son doux de cloches.

Après une minute de silence, deux rabbins ont récité une prière en hébreu. Des services religieux orthodoxes (confession majoritaire en Ukraine) et musulmans ont également été célébrés devant le monument.

Plus tard dans la journée, un forum international "Let My People Live" consacré à la xénophobie et à l'antisémitisme devait se dérouler à Kiev avec la participation d'invités étrangers.

Si Auschwitz était devenu une "usine de la mort" pour les juifs d'Europe, le ravin de Babi Yar fut un lieu de massacre ordinaire, mais d'une ampleur défiant l'entendement, de juifs ukrainiens.

Près de 34.000 juifs, rassemblés par les nazis officiellement "pour être réinstallés ailleurs", y ont été tués à la mitrailleuse en deux jours, les 29 et 30 septembre 1941.

L'Allemagne hitlerienne a envahi Kiev le 19 septembre 1941. Neuf jours plus tard, des annonces ont été diffusées à travers la ville ordonnant aux juifs de se présenter le lendemain avec leurs documents et affaires près de Babi Yar. Ceux qui n'obéissaient pas devaient être fusillés.

Beaucoup à Kiev ont cru à une déportation. Mais les nazis avaient décidé dès le 26 septembre que les juifs seraient tués en représailles à une série d'explosions visant des installations allemandes.

 

Les juifs, en majorité des vieillards, des femmes et des enfants, ont été fusillés au bord de la gorge de Babi Yar.

Ce carnage fut le premier massacre systématique de juifs ukrainiens, dont plus de 800.000 périrent durant la Seconde Guerre mondiale.

Jusqu'en 1943, les exécutions massives se poursuivirent dans ce ravin où, selon des estimations, de 60.000 à plus de 100.000 personnes furent encore tuées: juifs, Tziganes, résistants et prisonniers de guerre soviétiques.

Pendant 103 semaines, les massacres se déroulaient tous les mardi et vendredi.

En août et septembre 1943, les nazis, reculant devant l'Armée Rouge, exhumèrent puis brûlèrent les cadavres, dans une ultime tentative d'effacer les traces de leurs crimes. Mais Babi Yar fut révélé au monde lors du procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg.

L'URSS a cherché à minimiser l'ampleur du drame et surtout à éviter de mettre l'accent sur le caractère "juif" des victimes.

Pendant des décennies, les rassemblements à Babi Yar pour l'anniversaire du massacre étaient interdits. Dans les années 1960, on a même tenté y construire un stade.

Source: Yahoo actualités.

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