Un Héros de l'ombre

Publié le par Lisa Decamps

UN HEROS DE L'OMBRE

André Rondenay

 

Automne 1940. Depuis quelques mois l’armistice a été signé entre l’Allemagne et le gouvernement de Vichy. Depuis le 18 juin, la lutte a repris sous l’impulsion du Général de Gaulle, et sous un autre aspect. Mais comment le sauraient-ils ces hommes, faits prisonniers par centaines de mille, sans que, pour la plupart, ils aient eu à tirer un seul coup de fusil ?

 La trahison ? Mot facile à dire qui ne résolvait rien, mais avait le mérite de dégager toute responsabilité alors que celle du pays tout entier était engagée. En tout cas, la captivité était là avec toutes ses conséquences et ses humiliations, pour une durée, hélas illimitée. C’est à quoi songent, tristement les officiers français de l’Oflag XIIB, prisonniers dans la citadelle de Mayence.

 Un entraîneur

 Soudain, une file de camions fait son entrée dans la cour. Un orchestre endiablé joue un refrain mis à la mode par Maurice chevalier au cours des années d’avant guerre. Un p’tit air.

 Bientôt on se précipite, on entoure les nouveaux arrivants.

 -         Rondenay, André Rondenay, s’écrie Boscheron, reconnaissant dans celui qui paraît être le chef, un grand garçon, au visage fier, son ancien  condisciple de Saint Louis et de l’Ecole Polytechnique.

 Nous savions par Boscheron quel personnage extraordinaire était cet André Rondenay. Habile dans les travaux manuels tout autant que dans ceux de l’esprit, il avait stupéfié condisciples et professeurs en faisant un jour un pari, alors qu’il était à Saint-Louis, d’écrire sa composition française en vers, tant étaient grandes ses facilités à versifier.

 Le poète était aussi habile dans les travaux manuels. Ses doigts confectionnaient en un tournemain des clés capables d’ouvrir les serrures les plus compliquées.

 Après polytechnique, il entre en 1936 à l’Ecole d’artillerie de Fontainebleau, en juin 1938, il est affecté au 39e d’artillerie à Metz.  

 

 

 

   En 1939, son régiment se va en Sarre, puis en Lorraine. Lieutenant, il commande une batterie lorsqu’il  est fait prisonnier le 20 juin 1940.

 L’évasion réussira t-elle?

 

    Huit jours après, il finit par découvrir un petit pont situé derrière les barbelés. Le plan s’établit dans son esprit immédiatement : franchir les barbelés, se glisser sous le pont et attendre la nuit. Faire ensuite le mur de la citadelle. Mais ça sera pour une autre fois, car il serait trop vite repéré, seul Boscheron pourra partir pour l'instant. Pour cela, il lui faut deux planches pour séparer les barbelés. Or les prisonniers ont droit à un atelier de théâtre. Ce dimanche ils doivent jouer Knock, et ils ont pu avoir trois planches pour simuler la voiture.

 Le jour venu, tout se passe comme prévu, entre le premier et le second acte, deux sentinelles se précipitent pour arrêter une bagarre. Rondenay dresse rapidement une planche en diagonale, puis Boscheron pose à plat la seconde sur la barrière et saute dans le fossé. Il rampe jusqu’au pont et va se terrer dans son trou.  L’opération a duré quatorze secondes….

   

(A SUIVRE)

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans BIOGRAPHIES

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