Héros de l'ombre (suite)

Publié le par Lisa Decamps

 

UN HEROS DE L'OMBRE

 

André Rondenay

 

Un bon serrurier

 Rondenay médite alors l’évasion de cinquante prisonniers. Il a appris d’un commandant qui se trouvait en occupation à Mayence en 1918, l’existence au cœur même de la citadelle d’un souterrain à moitié éboulé qui, autrefois débouchait dans la campagne.

 -         L’entrée se trouve dans les sous-sols, précise le commandant.

  Rondenay part à la recherche du souterrain. Avec un camarade, il a tôt fait de le découvrir, mais tous deux se trouvent soudain devant une lourde porte de fer. Mais André Rondenay prend tranquillement l’empreinte de la serrure.

 

 

 

 

Le lendemain lui suffit pour confectionner une clef et la nuit suivante, ils se retrouvent à nouveau devant la porte.  

 

-         Patience, patience, mon commandant, dit Rondenay. Il faut aller doucement, je ne dispose que d’outils de fortune.

 

Enfin après une heure d’efforts, le la serrure finit par s’ouvrir.

 Ils s’aventurent alors dans un long couloir. Rondenay craque des allumettes pour s’éclairer et remet les bouts à son compagnon afin de ne laisser aucune trace de leur exploration. Au bout de quelques mètres, ils doivent s’arrêter, tout est muré. Rondenay que rien ne rebute dit qu’il prendra les angles exacts de direction, les longueurs et faire un plan pour déterminer l’endroit où creuser. Quelques jours  plus tard, ils sont quarante huit à se relayer par équipe de quatre.

 Après des nuits d’effort, le souterrain est enfin atteint. Un tunnel de 300 mètres leur apparaît. La liberté est au bout. Les prisonniers sont frénétiques. Mais un nouveau sujet d’inquiétude surgit. Les Allemands ont commencé à construire des hangars supplémentaires et enfoncent des piquets sur le souterrain creusé par les prisonniers. C’est la catastrophe. Les hommes de Rondenay qui de loin assistent à cette besogne, voient tout à coup disparaître dans le sol, brusquement ouvert sous lui, le soldat qui plantait le dernier pieu.

 

Passeront-ils ?

 

Le beau projet d’évasion collective est anéanti par ce coup de maillet. Toute la chambrée est consignée. Rondenay dénoncé comme le chef du complot doit faire ses bagages. Il est dirigé vers le camps de représailles de Colditz en Saxe.

 Là il est placé non dans la section des évadés, mais dans celle des « politiques » où la discipline est plus dure. Il n’a donc pas le temps de préparer une nouvelle évasion  car il est transféré déjà à Lübeck où il a la joie de retrouver l’un de ses camarades, Blanguernon, qui l’informe aussitôt :

  - Ici, discpline de fer. Nous avons des hôtes de marque : le fils de Staline et le neveu de Churchill. C’est le camp d’où on ne s’évade pas.

 -         C’est que nous verrons, répond Rondenay optimiste.

 A l’inspection des bagages, rien d’anormal hormis un vêtement d’officier de marine, qui lui est confisqué mais que Rondenay récupère aussitôt. Une nouvelle fouille est ordonnée. Le soldat chargé de la besogne bouleverse les bagages de Rondenay, tâte ses vêtements, se penche pour vérifier les doublures du pantalon. Rondenay aperçoit alors dépassant de la poche de l’homme, une carte de libre circulation dans le camp de Lübeck En quelques secondes il s’en saisit et, bras tendus derrière le dos du curieux, il note dans sa tête la couleur, la dimension, le texte, les cachets, la disposition des caractères et la remet en place, sans que l’Allemand se soit aperçu de quoi que soit.

 Le soir même, il confectionne deux cartes de circulation.  Il va rendre visite au magasin d’habillement où ses incursions précédentes lui ont permis de repérer des bourgerons. Il pourra ainsi filer à la nuit tombante avec son camarade, en passant par la grande porte, seul moyen de s’évader d’un camp aussi étroitement surveillé.

 Le lendamain, le cœur battant, ils se dirigent vers la sortie.

 Ils savent qu’il leur faut réussir  tout prix. Ici, on ne plaisante pas. Les voici à dix mètres de la sortie….Personne.

 Ils sont sauvés…Non ! La porte du corps de garde s’ouvre et l’oberst paraît se dirigeant vers eux.

 En un éclair Rondenay réagit.

 -         Parlons allemand vite.

 Et ils enchaînent.

 C’est l’instant décisif. Ils sont arrivés à la hauteur de l’officier, s’arrêtent, claquent des talons saluent. L’oberst leur rend distraitement leur salut et passe.

 L’obstacle est franchi. Les voilà libres !

 Libres

 Les compagnons se séparent. Rondenay s’empresse de gagner vers Hambourg, puis Mayence.

 Il est maintenant tout à fait en règle  puisque ses faux contrats de travail sont pour cette région. De Mayence, il se dirige vers Strasbourg. A la frontière, il se mêle à un groupe d’ouvriers rentrant en France. Bientôt il est à Belfort, puis à Dijon où il est reçu par des amis sûrs.

 Il veut rejoindre le général de Gaulle. Il va donc rallier Londres en passant, après tant d’autres, par Espagne.

 Arrêté en Espagne, comme sujet britannique, il s’évade de l’hôtel où il a été placé en résidence surveillée. Il franchit alors la frontière avec trois camarades. Dans la première ville qu’ils rencontrent, ils se font conduire au consulat américain et se font reconnaître. On les dirige sur Lisbonne. Mais avant de pouvoir servir, il leur faut subir un interrogatoire pour vérifier de leur véritable identité.  Une fois fait, il est présenté au général qui le félicite chaudement pour son courage et son esprit d’initiative. Il lui confie alors, une mission dangereuse et extrêmement importante…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(A SUIVRE)

 

 

 

 

 

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