INAUGURATION DU CENTRE EUROPEEN DU RESISTANT DEPORTE

Publié le par Lisa Decamps

L'INAUGURATION
DU CENTRE EUROPÉEN DU RÉSISTANT DÉPORTÉ.

 

 

 

 

 

Photo: auteur inconnu

 

 

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

Longtemps, ici, le silence a prévalu. On a même tenté d'oublier : le malheur était si grand, les mots si faibles pour le dire···

Mais laisser le temps éroder la mémoire, c'était laisser la nuit envelopper le souvenir des victimes et l'atrocité des crimes.

C'était donner raison aux bourreaux.

C'était prendre le risque de voir, un jour, l'histoire se répéter.

L'ouverture du Centre européen du Résistant Déporté, que nous inaugurons aujourd'hui, symbolise le refus du silence et de l'oubli.

Entre le Struthof et le mémorial d'Alsace-Moselle, cette vallée de la Bruche est plus que jamais un lieu de mémoire. Tout y incite désormais à la réflexion et à la vigilance.

C'est pourquoi, je tiens à remercier et à féliciter celles et ceux qui, en France comme à l'étranger, se sont mobilisés autour de ce grand projet auquel tenait tant, je le sais, mon ami Léon Boutbien. Et je veux tout particulièrement saluer Jean de Roquette-Buisson et l'architecte Pierre-Louis Faloci.

Nuit et Brouillard··· Ces deux mots sont associés pour toujours au Struthof. Nacht und Nebel, "N-N", un décret, un statut. Le plus souvent la mort, au bout d'un calvaire effroyable.

Ici, des milliers d'hommes et de femmes admirables ont partagé un même martyre.

 

Partout, le froid, la faim, les coups, la terreur.

A la carrière, dans les baraques, dans ces sinistres blocks, la même violence, la même souffrance, les traitements les plus abjects, les expériences les plus abominables.

Résistants, déportés politiques, frères d'armes de toutes opinions, civils et militaires, héros de l'armée des ombres, juifs, toutes celles et tous ceux que les nazis avaient exclus de leur vision démente de la société, ont été livrés ici à la même barbarie.

Aujourd'hui, sur le lieu de leur supplice, devant les quelques survivants revenus de ce voyage terrifiant au cœur des ténèbres, je suis venu rendre l'hommage de la Nation aux victimes de la folie nazie.

Dans le recueillement et l'émotion, je suis venu rappeler que la mémoire sera toujours plus forte que l'oubli.

Ici, dans ce Centre européen du Résistant Déporté, c'est le message que je veux adresser aux plus jeunes : souvenez-vous toujours ! N'oubliez jamais les victimes des temps les plus sombres de l'Histoire des hommes !

Restez toujours vigilants, sachez résister et vous engager quand l'essentiel est en jeu. Car rien n'est jamais définitivement acquis.

Opposez toujours la rigueur de la loi à ceux qui prétendent nier l'horreur de ce qui s'est passé.

Combattez sans relâche ceux qui prônent, en France et dans le monde, la haine, le racisme, l'antisémitisme, l'intolérance.

C'est votre honneur et votre devoir, en hommage aux victimes et au nom de l'avenir.

 

 

 

 

 

 

ALLOCUTION
DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC,
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE,

 CAMP DU STRUTHOF (BAS-RHIN) - JEUDI 3 NOVEMBRE 2005

Publié dans TÉMOIGNAGES

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pauline 16/12/2005 17:04

C'est tellement vrai!